Ilan Ferry 23 - juin - 2014 Best of

 

C’est du 11 au 17 juin dernier que s’est tenu pour la troisième année consécutive, le Champs-Elysées Film Festival présidé cette fois par Bertrand Tavernier et Jacqueline Bisset. Retour sur une semaine pas comme les autres ! Une fois n’est pas coutume, le festival a fait le grand écart entre cinéma américain et français avec plus de soixante films projetés dans six cinémas situés sur la célèbre avenue parisienne. Au programme : des transfuges de Sundance (Obvious Child, Sun Belt Express…), des grosses machines (Dragons 2, Jersey Boys) et une poignée de films français dont l’enthousiasmant A toute épreuve et le neurasthénique Ablations. Six jours durant, le festival aura fait passer le public par une myriade d’émotions alternant le chaud et le froid à travers une programmation aussi intéressante qu’éclectique avec des invités prestigieux (Keanu Reeves, Agnès Varda, Mike Figgis). Retour sur une semaine bien chargée. L’évènement de la première journée ne fut pas tant les projections de 1982 et Sun Belt Express présentés tous deux dans la compétition officielle mais bien l’avant première Fastlife premier film solo de Thomas Ngijol qui incarne un sportif imbu de lui même et bien décidé à tenter les jeux olympiques. Malgré le capital sympathie de l’acteur/réalisateur, le film aurait eu un peu de mal à convaincre, certains lui reprochant un sacré problème de rythme. Pour notre part, on préférera voir le film avant de se prononcer. Verdict le 16 juillet donc. Non, finalement la comédie, la vraie, c’est le lendemain qu’elle fut à l’honneur à l’occasion de la projection de l’hilarant Légendes vivantes, suite du cultissime Présentateur vedette avec Will Ferrell. L’humoriste reprend ici son rôle de présentateur en décalage total avec son temps pour de nouvelles aventures toujours plus drôles. En préambule, Jean Jacky Goldberg est venu présenter son documentaire This is comedy qui revient sur le parcours de Judd Apatow et sa bande et la profonde transformation qu’ils ont apporté à la comédie américaine. Une soirée placée sous le signe du rire donc et qui fut l’un des points d’orgue du festival.  Plus mouvementée, la journée du 13 juin fut surtout l’occasion de découvrir le trop méconnu Cutter’s Way avec Jeff Bridges et John Heard dans une superbe copie restaurée par Carlotta. Dans ce film noir de 1981, Jeff « le Dude » Bridges incarne un paisible vendeur de bateaux témoin malgré lui d’un meurtre. Lorsque la police se met à le soupçonner, son meilleur ami, Alex Cutter, vétéran revenu infirme de la Guerre du Vietnam, décide de mener l’enquête. Véritable pépite noire troublante et subtile, cette curiosité trop méconnue doit beaucoup à l’interprétation fiévreuse de John Heard absolument génial en vétéran désabusé. Le triangle amoureux qu’il forme avec Jeff Bridges et la belle Lisa Eichhorn (Il était temps) est peut-être l’un des plus beaux du cinéma. Le film ressortant en salles dès ce 25 juin, inutile de vous dire que sa (re)découverte est INDISPENSABLE !

 

© Paramount Pictures

© Paramount Pictures

 

Enfin, la soirée s’est conclue en beauté avec l’avant première de l’énergisant A toute épreuve, teen movie made in France rafraichissant et au fort capitale sympathie dont nous ne manquerons pas de vous reparler très bientôt !Pour le week end, le festival avait décidé de gâter son public en alternant films indépendants et productions plus friquées. Plus indie dans l’esprit, la journée de samedi a été l’occasion de découvrir Fort Bliss, Obvious child ou encore La vérité sur Emmanuel, premier film produit par Rooney Mara et naviguant dans les eaux troubles du nanar indé. La suite a été plus enthousiasmante avec la projection du toujours inédit Locke dont vous pourrez retrouver notre critique ici. Mais l’événement de la soirée ce fut bien sur l’arrivée de Keanu Reeves venu présenter son Man of Tai Chi devant un public électrique ayant pris d’assaut le Publicis. Placée sous le signe de la famille, la journée de dimanche a été l’occasion pour les plus jeunes de s’envoler avec le génial Dragons 2 (notre critique à venir très bientôt) tandis que les ados ont pu admirer les abdos de Zac Efron dans Nos pires voisins. Enfin, la journée s’est conclue avec la projection du troublant Kill your Darlings, intéressante radioscopie des origines de la Beat Generation à travers les yeux d’Allen Ginsberg interprété par un Daniel Radcliffe ayant bien changé depuis Harry Potter. Lentement mais surement, le festival a touché à sa fin proposant pour ses deux derniers jours quelques intéressantes avant premières (Jersey Boys, Albert à l’Ouest) ainsi qu’une rencontre avec Jacqueline Bisset venue présenter Riches et célèbres. Voilà pour le riche programme de ce festival qui aura su se démarquer principalement par ses films et évènements proposés en marge de la compétition. De quoi nous mettre en appétit avant la soirée de clôture avec DJ Set, petits fours et open bar (excusez du peu !) le tout dans une ambiance musicale vintage et euphorisante qui aura même séduite Agnès Varda aperçue entre deux coupes de champagne, la légende ne dit pas si elle a foulé le dancefloor. Promis l’année prochaine si on est encore invités on vous tient au courant !

 

© Tous droits réservés

© Tous droits réservés

 

 

Palmarès :

Prix du Public du long-métrage américain indépendant : Fort Bliss de Claudia Myers
Prix du Public du court-métrage américain : The Coin
de Fabien Martorell
Prix du Public du court-métrage français : La Curée d’Emmanuel Fricero
Prix du Jury des blogueurs : American Promise de Joe Brewster et Michèle Stephensen
Prix du Jury Etudiant : L’incident de Larry Peerce

 

© Tous droits réservés

© Tous droits réservés

 

 

 

Tableau de notes made in Cinevibe

 

Légendes Vivantes : 3,5/5
Ablations : 1/5
Cutter’s Way : 4/5
Cheap Thrills : 3,5/5
Kiss of the damned : 0,5/5
A toute épreuve : 3/5
Locke : 3,5/5
Nos pires voisins : 2/5
Dragons 2 
: 4,5/5
Side by Side : 4/5
Kill your Darlings : 3,5/5
Under the skin : 3,5/5
The Two Faces of January : 4/5
Jersey Boys : 3,5/5
Albert à l’Ouest : 3/5

 

 

© Universal

© Universal

 

 

 

 

 Merci à Vanessa Jerrom & Claire Vorger.

 

 

Commentaires