Flavien Bellevue 30 - mars - 2016 Best of, Critiques

 
Un film de Michael Bay avec John Krasinski, James Badge Dale, Toby Stephens. Sortie le 30 mars 2016.

 

Quinze ans après Pearl Harbor, le réalisateur des Transformers revient au véritable film de guerre bien qu’il n’ait jamais quitté visuellement ce genre. S’il n’y a pas de robots en vue, les six hommes dépeints ici s’en rapprocheraient presque au fur et à mesure du terrible siège auquel ils devront faire face durant 13 heures.

 

Note : 2,5/5

 

Tiré de la véritable histoire de l’attaque de l’ambassade américaine de Benghazi en Lybie le 11 septembre 2012, 13 hours est le second film de guerre de Michael Bay adapté de faits réels (celui-ci encore plus car Pearl Harbor utilisait un fait réel pour servir une histoire fictive). Depuis son premier long-métrage de guerre donc, le réalisateur de Bad Boys a parcouru du chemin en se prenant d’affection pour des histoires de robots se changeant en voiture et menant une guerre sans merci afin de sauver la planète. Le résultat à l’écran fut un déchainement d’action et d’effets spéciaux plus furieux les uns que les autres. C’est donc avec un peu d’anxiété que ce nouveau long-métrage était attendu d’autant plus qu’il relate une histoire vraie : celle de six hommes se retrouvant, en quelque sorte, dans un Fort Alamo du XXIème siècle (référence d’ailleurs mentionnée le temps d’une réplique). Si le film démarre sur un rythme soutenu, force est de constater que Bay fait la part des choses entre un divertissement à la Transformers et un film comme celui-ci. Il n’empêche, 13 hours porte la patte Michael Bay à chaque instant où des scènes de dialogues se doivent d’être découpées plus que de raison par peur d’ennuyer le spectateur, de couleurs saturées comme s’il s’agissait d’une publicité pour une bière ou un autre produit avec les flares qui vont avec. Beaucoup moins frénétique que sur ses derniers blockbusters, Bay maitrise toujours aussi bien l’action mais toujours moins l’émotion.

Paramount Pictures

Paramount Pictures

 

Le scénario de Chuck Hogan essaie de susciter de l’empathie pour ses protagonistes via des communications Skype à leurs compagnes mais ne va pas plus loin. Une petite critique de la politique américaine au proche orient pointe dans un échange de dialogues le temps d’une scène mais rien d’autre ne viendra appuyer cela si ce n’est le fait que chacun des résistants auraient bien aimé être ailleurs plutôt que de tirer sans cesse sur des ennemis invisibles. La mise en scène n’aide vraiment en rien à cela puisque ses gros plans d’acteurs sont réservés quasiment qu’aux américains. Même s’il reste un personnage de traducteur qui semble l’affecter et qui rappellera aux inconditionnels les personnages qu’occupait Steve Buscemi chez lui, Michael Bay se focalise uniquement sur l’escouade héroïque. Il y a bien un rôle féminin présent au casting mais il reste lui aussi quasi anecdotique tout comme un des derniers plans au ralenti de l’assaut où mères et femmes libyennes pleurent leurs fils, frères ou maris. Si 13 hours se situe dans le sillage d’un Zero Dark Thirty et d’American sniper, il n’arrive pas à tenir la dragée haute par manque de tact et par un patriotisme débordant. Néanmoins, ce dernier Michael Bay reste intéressant au regard de sa filmographie car il semble plus « sérieux » que d’habitude et pour son look discutable mais qui fait la force du film.

 

Loin de l’hystérie des Transformers, 13 hours est un film qui surligne le courage de six agents américains piégés dans une situation impossible. Captivant par son action, le long-métrage déçoit par son manque de retenue et son scénario peu inspiré.

 

 

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