Alexis Pitallier 30 - octobre - 2013 Best of, Critiques

 

Un film de Sylvain Chomet. Avec Guillaume Gouix, Anne Le Ny, Bernadette Lafont, Hélène Vincent. Sortie le 30 octobre 2013.

 

Après L’Illusionniste adapté d’un scénario de Jacques Tati, le réalisateur des Triplettes de Belleville nous livre avec Attila Marcel son premier long-métrage en prises de vues réelles. Le résultat est à l’image de ses films d’animation : poétique et plein de fantaisie.

 

Note : 3,5/5

 

Avec son court-métrage dans Paris, je t’aime, Sylvain Chomet qui s’essayait pour la première fois au cinéma à prises de vues réelles nous a montré que son univers était parfaitement adaptable avec des acteurs. Prometteur, « Tour Eiffel » était un petit bijou de poésie. Nous retrouvons cet univers dans Attila Marcel, nouvelle histoire imaginée à partir d’une des chansons des Triplettes de Belleville. Nous y suivons les pas de Paul, fils du catcheur Attila Marcel, mutique depuis la mort de ses parents. Ses tantes qui l’élèvent veulent en faire un grand pianiste. La rencontre avec Madame Proust, une voisine originale, fait basculer sa vie monotone. Ses tisanes aux ingrédients inconnus le plongent dans ses souvenirs d’enfance…

 

© Pathé distribution

© Pathé distribution

 

Sylvain Chomet a su développer en peu de films un imaginaire bien à lui. Proche du cinéma de Jacques Tati dans la relation entre les personnages et leur environnement et de celui de Jeunet et Caro pour l’atmosphère, son cinéma construit une vision de la réalité empreinte aussi bien de nostalgie que de fantaisie. La nostalgie est celle d’un temps où les êtres aimés disparus étaient encore à nos côtés ; la fantaisie, celle de personnages originaux qui rendent la vie plus supportable. Les parties chantées, le ukulélé et le piano apportent une légèreté à ce film dans lequel un jeune homme s’ouvre à la vie. Le charme est également du aux acteurs, Guillaume Gouix, repéré entre autres dans Jimmy Rivière, est capable de faire passer l’émotion dans ses yeux et n’a pas besoin de parler pour faire exister ce personnage attachant. Dans le rôle des tantes aimantes et « castratrices », Hélène Vincent et la regrettée Bernadette Lafont sont à la fois effrayantes et à mourir de rire. Anne Le Ny émeut quant à elle en Madame Proust.

 

 Sylvain Chomet nous livre avec son premier long-métrage live un film drôle et émouvant. On en ressort le cœur léger et plein de musique et on attend les prochains pour rêver encore un peu.


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