Ilan Ferry 13 - février - 2015 Best of, Critiques

 

Un film de Paul Tibbitt. Avec les voix de Tom Kenny, Bill Fagerbakke, Clancy Brown. Sortie le 18 février 2015.

 

Bob et ses amis traversent l’écran pour un nouveau film moins trash qu’à l’accoutumée mais à la connerie toujours aussi bien assumée.
 
 

 Note : 3/5

 

Lorsque Bob l’éponge débarque en 1999, le show fait véritablement office d’OFNI au sein de la chaine Nickleodeon. Pensez donc : on y suivait les aventures d’une éponge jaune carrée anthropomorphe et de ses potes ( Patrick l’étoile de mer, Gary l’escargot qui miaule, Sandy l’écureuil texane…) dans la ville sous marine de Bikini Bottoms. Un drôle de concept gagnant puisque la série continue d’être diffusée avec aujourd’hui plus de 300 épisodes à son actif. Halluciné, référencé à mort et ponctué de gags tous plus idiots et non sensiques les uns que les autres, Bob l’éponge détonne forcément dans le milieu aseptisé des divertissements pour enfants. Peut-être bien parce que ce n’est pas tout à fait une série pour eux. Après quatorze saisons de bons et loyaux services et un premier film en 2004 tellement génialement débile qu’il en est devenu culte, Bob et sa bande réitère l’aventure du grand écran pour une épopée bigger than life où notre héros va se frotter au monde réel. Premier conseil : si vous voulez profiter pleinement du film évitez soigneusement les multiples bandes annonces qui pullulent, ces dernières prenant un malin plaisir à dévoiler tous les gags du métrage. Secundo, avant toutes choses nous ne saurions trop vous conseiller (si ce n’est déjà fait) de vous familiariser avant avec l’univers très particulier de Bob fabriqué sur mesure pour ceux ayant élevé le volontairement con au sein de philosophie. Si on est loin de l’esprit trash de South Park, l’humour de Bob l’éponge est suffisamment subversif pour qu’on puisse y déceler plusieurs niveaux de lecture. Cela fait et votre cerveau soigneusement débranché, vous êtes fin prêts pour une immersion à Bikini Bottoms.

 

© Paramount Pictures France

© Paramount Pictures France

 

Ceux qui avaient loué l’inventivité et le jusqu’au boutisme qui avaient fait tout le sel du premier forfait cinématographique de Bob risquent d’être quelque peu déçus. Si on retrouve ce même gout pour les trips visuels totalement hallucinés et hallucinants (confirmant par là même que les créateurs ne mangent pas que des champignons bio) et cette même inclination pour l’humour volontairement débile, l’ensemble des ingrédients qui avaient fait la force du 1er film semblent avoir été dissous au profit d’une plus grande lisibilité pour son cœur de cible premier. Si la série et le premier film avaient réussi à garder ce délicat et quasi impossible équilibre entre transgression et divertissement pour enfants faisant de Bob l’éponge la seule ( ?) véritable série punk pour kids, ce second long métrage semble se brider un peu, se voulant plus parodique que subversif. Pas de quoi bouder son plaisir cependant, le film reste très drôle et par moment vorace notamment quand il verse dans le post nuke version Bob l’éponge (un mix animé entre Mad Max et Las Vegas Parano !). La partie live ne démérite pas en grande partie grâce à l’abattage de son bad guy, un Antonio Banderas qui semble s’amuser comme un petit fou dans la peau d’un pirate adepte du pâté de crabe. Lorsque Bob et sa clique passent de l’autre coté du miroir on retrouve dès lors davantage tout le mordant, toute la connerie savamment pensée qui rend le show si unique. Si on aurait aimé qu’il aille aussi loin que son grand frère cinématographique, Bob l’éponge : un héros sort de l’eau parvient la plupart du temps à nous procurer ce plaisir régressif qui en fait l’une des licences les plus à part de l’univers télévisuel. La déception est relative donc à mettre en grande partie au crédit d’une campagne de promotion laissant peu de place à la surprise et d’un premier film ayant placé la barre déjà très haut.

 

S’il aurait pu s’autoriser une plus grande folie, Bob l’éponge : un héros sort de l’eau reste un divertissement suffisamment drôle et décalé pour plaire à la fois aux enfants et aux adultes. Ca change de La Reine des Neiges !

 

 

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