Yohann Marchand 26 - juin - 2013 Best of, Critiques

 

Un film de Scott Stewart. Avec Keri Russell, Josh Hamilton, J.K. Simmons. Sortie le 26 juin 2013.

 

Fox Mulder avait raison. L’invasion a commencée…

 

Note : 3/5

 

Dark Skies est un OFNI. Tant par la présence de ces «gris» venus d’une autre galaxie que par le traitement original alloué à cette inévitable invasion extraterrestre. Scott Stewart focalise avant tout son attention sur les rouages de cette cellule familiale vouée à imploser face à cette menace étrangère. Une approche incarnée par J.K. Simmons (l’éternel Vernon Schillinger de la série Oz) dans le rôle de l’incontournable expert en petits hommes. A défaut d’être un hurluberlu paranoïaque, il tente de rassurer notre famille en dictant cette logique : «La présence des Gris est inévitable comme la mort et les impôts !» La famille Barrett est le portrait moderne du Home Sweet Home américain. Lacey (Kari Russell) la mère working girl qui tient les rênes du couple, Daniel (Josh Hamilton) le père au chômage à la limite du burn out, Jesse (Dakota Goyo) l’aîné en pleine crise d’adolescence, et Sam (Kadan Rockett) le cadet spectateur impuissant des frasques familiales. Une horreur réaliste vite troublée par d’étranges évènements que Sam attribue à «l’Ogre au sable». Scott Stewart instaure dés lors une peur indicible ancrée dans un quotidien effrayant.

 

© Tous droits réservés

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Avec cette approche psychologique, les effets de surprise sont décuplés et parviennent même à transcender certains clichés propres aux jump scares. Mais Dark Skies pêche rapidement par facilité, car produit par Blumhouse Productions (Paranormal Activity, Insidious, Sinister). Du found footage vous en aurez à foison. Même si Scott Stewart (aussi auteur du script) cherche à repousser le plus possible ce gimmick en prétextant des factures d’électricités trop élevées qui ont contraint la famille à se passer de caméras de surveillance. Que nenni comme le hurle Lacey au visage de son mari : «Mon fils n’est pas une facture !» Un procédé mercantile qui altère la métaphore sociétal de «l’Ogre au sable», personnalisé en ce mal invisible aussi destructeur que cette nébuleuse crise financière dont est victime la famille. Dark Skies se transforme alors en simple train fantôme au parcours certes singulier mais dénué de dérapages gores pour ne pas effrayer le grand public.

 

Scott Stewart joue l’originalité en privilégiant l’horreur psychologique et feint le thriller (sur)naturel aux artifices grossiers d’une banale série b.

 

 



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