Fred Maska 20 - août - 2014 Best of, Critiques

 

Un film de Patrick Hughes. Avec Sylvester Stallone, Jason Statham, Kellan Lutz. Sortie le 20 aout 2014.

 

La plus burinée des franchises opère un virage à 180 degrés au grand désespoir des fans hardcores. Ou comment passer en l’espace de trois films du blockbuster décomplexé au pur produit marketing sans saveur ni identité.

 

Note : 1,5/5

 

Garde à vous soldat ! Alors comme ça trouffion t’as envie de voir une série B qui déboite avec la fine fleur du cinéma d’action des années 80 et 90 ? Des explosions à gogos, de la punchline qui défonce et du muscle bandé ? Alors laisse-moi te mettre au parfum sur Expendables 3 et on verra ensuite si tu veux toujours faire le malin ! Expendables 3 c’est l’opus family friendly de la saga, celui construit sur mesure pour un public persuadé que le cinéma d’action est né en même temps que le jump cut et leurs ramolos de parents les ayant bercés trop près du mur sur du Bon Jovi ! Dans ce 3eme volet, ce briscard de Barney aux airs de gigolo rital sur le retour trouve que son équipe de bras stereoidés et lui sont décidément trop vieux pour ces conneries ! Aussi il décide de recruter une bande de jeunes cons pour aller casser la gueule à son ex partenaire qui ressemblant beaucoup à Mel Gibson en phase terminale de je-m’en-foutisme ! Je sais ce que tu te dis le bleu et non il ne s’agit pas d’une scène de ménage entre deux danseuses se disputant leur tutu… c’est pire ! En ratissant le plus large possible (c’est-à-dire en faisant de l’œil aux petits merdeux dans ton genre qui ont pas de poils au torse) Stallone prouve que peu importe à quel hauteur on baisse son froc pour peu qu’on ait l’oseille. Monumental erreur ! Car en faisant ça, il prend le risque de se mettre à dos ses fans de la première heure, ceux là même qui ont eu un début de trique en voyant la séquence d’ouverture d’Expendables 2 , ici remplacée par une séquences d’évasion aussi bandante qu’une vasectomie en plein mois d’aout ! Et le reste est tout aussi mou entre scènes d’action à faire passer G.I. Joe pour un film hardcore et blagounettes souvent embarrassantes faisant la part belle aux mises en abime faisandées ! Coté persos c’est tout aussi à la ramasse : Sly traine péniblement sa carcasse de vieux lion au regard de cocker abusé sexuellement lors d’une tournante chez Luc Besson, Jason Statham serre la mâchoire à s’en faire péter les dents et Terry Crews a la bonne idée de rester sur un lit d’hôpital. La nouvelle garde n’en mène pas large non plus. Plus cabotin et donc insupportable que jamais, Antonio Banderas se croit encore dans le Chat Potté et roule les r tel un jeune immigré clandestin tout droit sorti d’une telenovela, Wesley Snipes (très bon lors de ses rares apparitions) semble se demander s’il n’aurait pas mieux fait de rester en taule tandis que la caution jeunes du cast ( une donzelle à faire passer Gina Carano pour Shakira, un jeune premier déjà has been et un geek qui se prend pour Tom Cruise période Mission : Impossible 2) peine à se hisser à la hauteur de leurs ainés en raison d’un manque de charisme et surtout d’une sous exploitation flagrante. Pas moyen de ressentir la moindre empathie pour ces petits merdeux malgré les formes de Ronda Rousez et la moto de Kellan Lutz!

 

© Metropolitan Filmexport

© Metropolitan Filmexport

 

Et ouais mon petit newbie, Expendables 3 a un gout de viande avariée restée trop longtemps dans les étalages d’un Carrefour du 93 ! Parce que ce que j’ai oublié de te dire le bleu c’est que la seule chose que le film fait exploser hormis le budget spaghettis de Sly ce sont les effets spéciaux dignes d’une production Asylum. Vendu comme une passation de pouvoir sentant bon la sueur et le gun encore fumant, le film finit par dégager une odeur de rance de métrage qui aurait subi les assauts d’une post prod uruguayenne en fin de vie ! Mais arrête de faire ta chialeuse le nouveau y’a quand même quelques bons trucs dans ce 3eme épisode. Ben ouais, si le casting fait dans le minimum imposable, le plaisir de les retrouver reste intact en particulier quand nos gros bras se toisent gentiment comme une bande de pucelles se crêpant le chignon lors d’une pyjama party. Et s’ils sont sous exploités, il faut bien reconnaître que Wesley Snipes et Kelsey Grammer campent de savoureux seconds couteaux vampirisant l’écran à chacune de leurs apparitions. Et la réalisation dans tout ça ? Pour ne pas trahir ma réputation d’immonde salopard je serais bien tenté de te dire qu’elle est au ralenti comme le reste de la troupe mais ce serait te mentir bizut ! Comment ça je me déballonne ? Loin de trahir quelque génie que ce soit, la réalisation de Patrick Hughes (le sympatoche Red Hill) a au moins le mérite d’exister dans cet amas de mauvais gout qui ose les relations interraciales sino autrichiennes (les initiés comprendront ) et les cascades toc toc badaboum. Tel un bon petit soldat bien docile, Hughes fait le boulot de manière franchement correcte et tente tant bien que mal d’éviter les tirs ennemis malgré l’amoncèlement de fonds verts tous plus hideux les uns que les autres. Et puis il y a Sly, cette force de la nature défiant le temps qui justifie à lui seul l’achat de n’importe quel ticket de cinéma et qu’on serait prêt à suivre dans les tréfonds de l’enfer cinématographique. Ce sacré Sly, s’il ne nous avait pas promis une version unrated pour la sortie vidéo on serait presque tenté de lui faire la gueule mais on ne peut pas, même quand il cède aux sirènes du mercantilisme. Tu vas dire que je tire inutilement sur la corde bidasse et t’auras bien raison mais faut quand même avouer qu’on ne peut s’empêcher de les aimer ces baltringues d’Expendables. Ce qui rend d’autant plus rageant de voir un potentiel aussi énorme littéralement sacrifié sur l’autel du politiquement correct. Putain de familles ricaines, putain de guerre ! C’est pas pour jouer aux vieux cons mais faut bien avouer que la franchise Expendables aurait dû rester ce qu’elle a toujours été : du divertissement de base destiné aux béotiens old school biberonnés aux films de la Cannon. Bref, si je devais résumer Expendables 3 je te dirais que c’est du Robert Lamoureux dopé aux hormones de croissance avec juste ce qu’il fait de gros bras pour exciter le chaland. Sur ce soldat, j’ai des rangers à faire lustrer. Rompez !

 

Paradoxalement mou et dépassionné, Expendables 3 semble prendre un malin plaisir à se tirer régulièrement des balles dans le pied.

 

 



Powered by Preview Networks

Commentaires