Ilan Ferry 13 - août - 2014 Best of, Critiques

 

Un film de Steven Quale. Avec Richard Armitage, Sarah Wayne Callies, Matt Walsh. Sortie le 13 aout 2014.

 
Plus destructrices que le Diable de Tasmanie, les tornades de Black Storm soufflent le chaud et le froid.
 

Note : 2,5/5

 

La dernière fois qu’une tornade a envahi les salles obscures c’était dans le bien nommé Twister en 1996, rapidement consacré référence en la matière (facile quand on est le seul !). Dix huit ans plus tard, Black Storm déboule avec la ferme intention de lui ravir son trône. Signe des temps : si le film de Jan de Bont et les multiples films catastrophes qui l’ont suivi ou précédé (au hasard on citera Volcano, Deep Impact, Le Pic de Dante…) jusqu’au début des années 2000 capitalisaient sur une narration très linéaire et la peur d’un nouveau siècle approchant, le métrage de Steven Quale (le déjà moyen Destination Finale 5), lui, préfère flatter la génération Youtube en optant pour une narration hybride à cheval entre classicisme et found footage. Un parti pris ou plutôt un manque de parti pris de prime abord déconcertant mais qui se révèle salutaire lors de certaines séquences « mouvementées » où la caméra portée est heureusement abandonnée. Difficile en effet d’imaginer un film dans lequel les personnages passent leur temps à échapper (ou pas) à des tornades dévastatrices entièrement filmé à la première personne sans craindre des nausées causées par d’inévitables mouvements de shaky cam. Dès lors on ne peut que regretter que Black Storm ait opté pour ce gimmick tant celui-ci se voit peu exploité ou tout du moins sans provoquer l’effet escompté. Pour la partie implication « sensorielle » du spectateur, il faudra davantage se tourner du coté d’un sound design tonitruant et d’effets visuels bluffant dont une « tornade de feu » que l’on pourrait qualifier de « mega cool ». En dehors de ça, Black Storm se contente de recycler tous les poncifs inhérents aux films catastrophes avec son lot de figures imposées (personnages stéréotypés à mort, musique lourdingue…) et autres side stories tantôt intéressantes, tantôt soporifiques. Dans cet amont de clichés, saluons toutefois les prestations de Richard Armitage (Thorin dans la trilogie du Hobbit) et Matt Walsh. Toujours aussi flegmatique, le premier surprend en père courage qu’on jurerait croisé avec son personnage de militaire badass dans Strike Back, tandis que le second, habitué aux rôles comico-malsains apporte des touches de nuances supplémentaires à un protagoniste peu sympathique. Au final, Black Storm est un film qui existe uniquement pour et par ses effets spéciaux, une sorte de longue attraction qu’on aurait aimé plus aboutie sur certains points et procurant un plaisir aussi immédiat qu’éphémère. Soit une certaine conception du divertissement estival.

 

© Warner Bros Pictures

© Warner Bros Pictures

 

 

Le « successeur » de Twiter en impose techniquement mais oublie en route de poser de réels enjeux dramatiques. Efficace mais superficiel.

 

 



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