Ilan Ferry 16 - décembre - 2014 Best of, Critiques

 

Un film de Simon J. Smith et Eric Darnell. Avec les voix originales de Tom McGrath, Chris Miller, John Malkovich. Sortie le 17 décembre 2014.

 

 

Dreamworks laisse enfin ses pingouins voler de leurs propres ailes dans un spin-off aussi irrévérencieux que tendre.

 

Note : 3,5/5

 

Véritables voleurs de scènes professionnels, Commandant, Rico, Kowalski et Soldat, les pingouins déjantés de la franchise Madagascar, ont enfin droit à leur film solo, eux qui envahissent déjà le petit écran depuis 2008. Et pour cette première ( ?) percée ciné sans les joyeux drilles de Madagascar, il leur fallait bien une aventure à la hauteur de leur aura. Et quoi de mieux que de leur mettre dans les nageoires un bad guy dont la mégalomanie n’a rien à envier à celles des méchants de James Bond ? Comprendre par là que Les Pingouins de Madagascar ambitionne d’être au film d’espionnage ce que Megamind voulait être au film de super héros : une parodie made in Dreamworks convoquant les canons du genre pour mieux les détourner. Mais là où Megamind ne parvenait qu’à partiellement convaincre via des œillades beaucoup trop appuyées pour être honnête, nos pingouins, eux, se distinguent par leur caractère bien trempé. Alors oui, les références sont légions, parfois même trop ostentatoires, mais il se dégage de l’ensemble une irrévérence telle (voire la séquence d’ouverture qui tacle méchamment les documentaires animaliers) qu’on ne peut que se laisser embarquer par cette aventure sous haute influence bondienne. Car si le film ne fait que très rarement l’impasse sur le détournement facile, il a aussi bien compris qu’une comédie n’est rien sans des personnages suffisamment forts. Et il faut bien reconnaître qu’en la matière les pingouins se posent là. Surtout quand il est question de les opposer à une unité d’élite qui a bien du mal à exister sans eux. Sans être d’une audace folle, Les Pingouins de Madagascar a toutefois le mérite d’exploiter pleinement le potentiel comique de ses personnages titres rendant leurs pitreries d’autant plus hilarantes. Assumant pleinement sa crétinerie, le film se fait toutefois plus sage dans sa seconde partie. La faute à des seconds couteaux pas toujours bien employés. Du bad guy en mal de reconnaissance aux sidekicks trop parfaits, chacun ne semble être là que pour servir la soupe à nos palmipèdes préférés. Rien de plus logique au regard du titre mais on aurait aimé que le schéma utilisé soit un poil moins archétypal, balisé pour d’éventuelles suites ou spin off. Il en résulte un divertissement plaisant aux dialogues faisant souvent mouches mais frappé du même syndrome mercantile frappant encore et toujours un certain pan du cinéma d’animation : être politiquement incorrect d’accord mais à condition de capitaliser un maximum. Le monstrueux charisme de ces pingouins étant ce qu’il est on ne s’en plaindra qu’à moitié mais on croise les doigts pour qu’en cas de récidive, ils nous reviennent encore plus fous !

 

© Dreamworks Pictures

© Dreamworks Pictures

 

Iconoclaste et galvanisant, Les Pingouins de Madagascar ne fera pas date dans l’histoire du cinéma d’animation mais a au moins le mérite de le dévergonder un peu !

 

 

Commentaires