Ilan Ferry 21 - mars - 2018 Best of, Critiques

 
Un film de Steven S.DeKnight. Avec John Boyega, Scott Eastwood, Jing Tian. Sortie le 21 mars 2018.
 
Une suite mécanique et sans âme qui devrait toutefois satisfaire les amateurs de divertissement décérébré.

 
Note : 2/5

 
Cinq ans après le premier opus signé Guillermo Del Toro, les Jaegers reviennent pour casser du Kaiju. Un retour aux affaires signé cette fois Steven S. DeKnight, transfuge de la télé qui a notamment signé plusieurs épisodes de Daredevil, Dollhouse ou encore Spartacus. Et le moins que l’on puisse dire c’est que le passage du petit au grand écran est loin de se dérouler sans heurts. Sans être un nanar de luxe, Pacific Rim Uprising n’est pas bon pour autant. Suivant un cahier des charges bien précis (en gros : du défouraillage de robots pendant quasiment deux heures), cette suite emboite le pas de son ainé en oubliant toutefois une donnée fondamentale : le cœur. Si le Del Toro n’était pas parfait, sa sincérité, son amour du cinéma et de son public palpable à chaque image, en faisait un divertissement hautement appréciable, un film d’une générosité sans bornes réalisé sans cynisme et avec bienveillance. Rien de tout ça dans cette suite qui semble avoir été calibrée pour deux marchés bien distincts : l’Asie et les teens. Plus encore que dans Transformers 4, Pacific Rim Uprising drague l’Empire du Milieu avec la finesse d’un rabatteur à Pigalle tandis que la side story sur l’embrigadement d’adolescents impatients de piloter des Jaegers semble tout droit sortie d’un téléfilm Disney Channel. Ajoutez à cela un Scott Eastwood qui singe tellement les mimiques de son père que ça en devient gênant, une intrigue fumeuse et mal gérée prétexte à montrer des robots se foutre sur la gueule, et vous aurez alors une petite idée de la nature profondément opportuniste de ce Pacific Rim Uprising qui reprend bêtement le principe de son modèle sans en extraire la substantifique moelle. Le problème du film réside essentiellement dans le fait qu’il apparait comme une immense pub destinée à vendre des figurines de Jaegers et de Kaijus : certes ça se tape sur la tronche, c’est généreux en termes d’action mais ça reste efficace là où PR1 était efficace ET épique. A trop jouer la carte du bigger &louder, PR2 oublie que la qualité d’un film réside également dans sa narration ici totalement foutraque et erratique (l’affiche du film appelle à la rébellion mais on ne sait pas trop contre quoi !). On retiendra toutefois la prestation d’un John Boyega très charismatique et quelques séquences bonnes séquences de tabassage de monstres. Pour le reste circulez il n’y a rien à voir PR2 c’est juste deux heures de roulement de mécanique (dans tous les sens du terme) sans âme et avec un sens du spectacle somme toute très passe-partout. On ajoutera que le plus gros défaut de PR2 est de sortir une semaine avant Ready Player One (qui en termes de plaisir pur de spectateur le met méchamment à l’amende dès les premières minutes) là où une sortie estivale aurait été plus judicieuse tant le film ne peut s’apprécier que comme divertissement totalement décérébré offrant à notre cerveau les vacances qu’il mérite. Noyé entre deux autres sorties techniques totalement crétines, il aurait eu parfaitement sa place et serait même sorti du lot. Pas mauvais en soi mais juste totalement à coté de la plaque…de métal !
 

Universal Pictures France

 

Enchainant les scènes de combat à une vitesse métronomique, Pacific Rim Uprising se suit sans déplaisir mais sans plaisir non plus un peu comme une longue cinématique de jeu vidéo que l’on est obligés de se fader… avant de se rendre compte qu’il s’agissait en fait d’une publicité !

 

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