Ilan Ferry 5 - février - 2015 Best of, Critiques

 

Un film de Martin Bourboulon. Avec Marina Fois, Laurent Lafitte, Michel Vuillermoz. En salles depuis le 4 février 2015.

 

Marina Fois et Laurent Lafitte se déclarent la guerre dans une comédie qui perd partiellement en férocité ce qu’elle gagne en sympathie.

 

Note : 3/5

 

Florence et Vincent sont agaçants : non contents d’avoir tout réussi, le couple affiche une solidarité et un calme olympien à l’approche de leur divorce. Prenez ça dans les dents chers compatriotes qui s’entredéchirent pour une assiette dont personne n’avait rien à foutre il y a encore quelques mois ! Oui, décidément, Florence et Vincent sont bien trop parfaits pour qu’on puisse s’attacher à eux ! Loué soit donc le dieu du timing qui oblige les deux ex tourtereaux à quitter la France au même moment pour obtenir leurs promotions tant attendues. Car dans ce tableau idyllique il y a trois patates chaudes que les ex tourtereaux aimeraient bien se refourguer : leurs enfants ! Dès lors pas de quartier c’est désormais à ces derniers de trancher et c’est au parent le plus infect que reviendra le privilège de se barrer pour s’accomplir professionnellement. «  Peinture de l’égoïsme ordinaire «  pourrait être le sous-titre de cette comédie méchante mais pas trop, tendre mais pas trop non plus, entièrement portée par l’abattage de son couple vedette Marina Fois/Laurent Lafitte, parfaits en monstres d’égocentrisme ne s’épargnant rien. Papa ou Maman c’est un peu la rencontre –toutes proportions gardées- entre Tanguy et une version light de La Guerre des Rose. Soit un concentré de mesquinerie étalé sur un peu moins d’une heure et demi tout ça pour en arriver à cet incroyable constat : l’homme et la femme sont des connards comme les autres, et dans un sens on en est très contents ! Car oui, c’est bien cette bassesse qui rend au final Florence et Vincent très attachants. Alors oui, l’ensemble manque parfois d’audace, s’essouffle en cours de chemin, comme trop effrayé de mettre ses deux têtes d’affiches en trop mauvaise posture. Sauf que ce que le film perd en audace narrative, il le gagne en punch visuel comme en témoigne un plan séquence d’ouverture remarquable. Pour son premier long, Martin Bourboulon a décidé d’insuffler à cette histoire de bras de fer domestique une énergie salutaire, un peps supplémentaire comme parfaitement conscient que Papa ou Maman ne pouvait se satisfaire que de son pitch. Il en résulte une comédie bicéphale prise en sandwich entre le mordant pas toujours bien acéré de son sujet et une volonté d’en faire autre chose qu’un simple divertissement TF1.

 

© Pathé Distribution

© Pathé Distribution

 

 

Pas aussi méchant que le cinéma d’Etienne Chatillez dont il se réclame ouvertement, Papa ou Maman a pour lui un charme indéniable et une mise en scène sacrément énergique.

 

 

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