Alexis Pitallier 8 - juillet - 2015 Critiques

 

Un film de Leigh Whannell. Avec Lin Shaye, Stefanie Scott, Dermot Mulroney. Sortie le 8 juillet 2015.

 

Pour le prequel des deux premiers Insidious, James Wan a laissé les rênes à l’acteur/scénariste Leigh Whannell dont c’est le premier film en tant que réalisateur. Celui-ci est-il à la hauteur ? La réponse se trouve dans le Lointain…

 

Note : 2,5/5

 

 Avec le premier Insidious, James Wan a apporté du neuf dans le film d’horreur en montrant, comme ses collègues ibériques (Guillermo Del Toro, Alejandro Aménabar, Jaume Balagueró), qu’il est possible de faire peur sans scène gore avec juste une bonne mise en scène et d’une bonne histoire. Malin, le scénario jouait avec les codes du film de maison hantée pour aborder au final un thème rare au cinéma : le voyage astral. James Wan avait créé une nouvelle mythologie en nous faisant découvrir un nouvel univers que l’on appelle le Lointain, un monde parallèle dans lequel les morts sont coincés et où les esprits des voyageurs mentaux peuvent se déplacer. Nous y avions fait la connaissance d’Elise, l’une des voyantes les plus attachantes du cinéma, et de ses deux acolytes à la Ghostbusters, Tucker et Specs. Bien qu’inférieur au premier, le chapitre 2 (cf.notre critique) se laissait regarder avec plaisir. A l’annonce d’un troisième film, toujours produit par Jason Blum, mais réalisé par Leigh Whannell (on peut pardonner à James Wan d’avoir laissé la réalisation à quelqu’un d’autre, puisqu’il nous a concocté à la place le jouissif Fast & Furious 7), nous n’avons pas pu nous empêcher d’avoir un a priori négatif. D’autant plus qu’il s’agit d’un prequel. Leigh Whannell n’est pourtant pas un inconnu. C’est l’un des acteurs et le scénariste des Insidious (il y joue Specs) et d’une partie de la saga Saw. Quant aux prequels, si la plupart sont bien inférieurs à l’original (Annabelle, spin-off/prequel de Conjuring : les dossiers Warren), certains n’ont pas vraiment à rougir face à leurs aînés (X-Men : Le Commencement). Un des seuls intérêts d’Insidious : Chapitre 3 vient justement de sa nature de prequel, bien qu’il soit meilleur que les plus mauvaises productions de Jason Blum (Ouija, les Paranormal Activity). L’histoire se déroule avant les mésaventures de la famille Lambert dont nous avons suivi les tourments dans Insidious 1 et 2. Nous découvrons la première aventure d’Elise au cours de laquelle elle tente d’aider une jeune fille hantée par un esprit malfaisant. Pas question d’en dire plus sur le scénario, mais des correspondances font écho aux deux premiers chapitres. Le principal problème vient de la mise en scène. Leigh Whannell n’est pas James Wan. Idem pour John R. Leonetti : comme dans Annabelle, le trouillomètre n’est pas bien élevé. A force de vouloir nous faire peur à grands renforts de clichés, Leigh Whannell désamorce la plupart des jump scares. On devine souvent où et quand le « fantôme » va surgir. Malgré ces réserves, Insidious : chapitre 3 est regardable. On retrouve avec plaisir Elise et l’ambiance un peu malsaine du chapitre 2. Faut-il un chapitre 4 ? Nous pouvons répondre « pourquoi pas », mais à condition que James Wan soit à la réa. Le Lointain dont nous voyons un nouvel aperçu et le personnage d’Elise méritent encore d’être explorés…

 

Sony Pictures

Sony Pictures

 

Pas vraiment réussi ni complètement raté, Insidious 3 se laisse regarder et donne envie de revoir les deux premiers. Cela permettra de patienter un peu avant la sortie annoncée l’an prochain de Conjuring 2 : The Enfield Poltergeist.

 

 

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