Ilan Ferry 2 - octobre - 2013 Best of, Critiques

 

Un film de James Wan. Avec Rose Byrne, Patrick Wilson, Barbara Hershey. Sortie le 02 octobre 2013.

 

Avant de jouer aux voitures avec l’équipe de Fast & Furious, James Wan nous offre un ultime ( ?) tour de train fantôme. Perfectible mais efficace.

 

 Note : 3/5

 

En 2010, James Wan nous avait foutu une sacrée trouille avec son inattendu Insidious, hommage à peine voilé au Poltergeist de Tobe Hooper. Trois ans plus tard et à peine deux mois après The Conjuring, le papa de Saw récidive avec cette suite se déroulant juste après la fin ouverte ayant conclu le premier opus. On ne vous dira pas à quelle pirouette scénaristique ont eu recours Wan et son acolyte Leigh Whannell mais force est de reconnaître qu’elle devrait susciter une certaine polémique. Tout juste peut-on vous dire que ce second chapitre, puisque c’est ainsi qu’il se qualifie, ouvre de nouvelles perspectives et mérite amplement l’appellation susnommée.  Au lieu de jouer la carte de la suite opportuniste, Insidious 2 préfère creuser davantage l’univers qu’il a crée via notamment un judicieux usage du flash-back. Un mouvement de balancier constant entre présent et futur qui pourra en agacer certains (notamment les fans de la série American Horror Story) mais néanmoins nécessaire au vu des pistes dessinées dans le premier opus en marge de son intrigue principale. Car plus que l’histoire d’une famille hantée, Insidious déroule un univers à part entière qui tend ici à s’élargir à travers de multiples dérivés… à condition qu’ils soient utilisés à bon escient. C’est un peu ça l’effet pervers d’Insidious qui, à trop vouloir s’affranchir de son statut de shocker unitaire et efficace, pourrait bien échapper au contrôle de ses instigateurs en devenant une saga de plus en plus répétitive et impersonnelle. Le syndrome Saw qu’on voit venir ici gros comme une maison ! La présence du duo Wan/Whannell au gouvernail ne peut donc qu’être salué même si le film est loin d’être parfait.

 

© Sony Pictures Releasing France

© Sony Pictures Releasing France

 

A l’image d’un certain Conjuring, le principal défaut du film est d’être arrivé APRES Insidious. L’effet de surprise disparu, Wan et Whannell ont donc décidé de raconter une autre histoire. Exit les traversées dans le monde mortifère des fantômes ou le boogeyman terrifiant au look de Darth Maul, Insidious 2 ressert désormais son intrigue non plus sur les enfants Lambert mais sur le patriarche (Patrick Wilson). Si le film met un peu trop de temps à dévoiler ses enjeux c’est pour mieux se concentrer sur son ambiance et balancer des jump scare comme s’il en pleuvait. Si la méthode Wan fait toujours autant d’effet lors de son prologue diablement efficace, elle tend à devenir un peu répétitive et vaine surtout quand le film cite à outrance son grand frère notamment par l’entremise du duo de Ghostbusters frappadingue beaucoup trop présent ici. Aussi, le principal inconvénient d’Insidious 2 serait de se reposer par moment trop sur ses acquis au détriment de son intrigue avant un final flirtant – sans jamais s’y enfoncer – avec le nanar. On regrettera aussi les nombreuses aberrations scénaristiques et l’absence de « monstre » vraiment terrifiant. Des erreurs de « débutant » qui auraient pu être aisément pardonnables si le réalisateur n’avait pas fait preuve d’une telle maitrise par le passé. Sauf que voilà : en dépit de ses menus défauts, Insidious 2 est une nouvelle preuve par l’image que Wan n’a pas son pareil pour créer des univers profondément malsains. En recentrant la menace autour du noyau familial, le film provoque une forme de malaise laissant constamment le spectateur sur ses gardes. Jamais tout à fait tranquille, ce dernier reste à l’affut de la prochaine perversion concoctée par le réalisateur. Et c’est justement lorsqu’il s’inscrit dans cette attente pernicieuse que le film se révèle plus efficace. Cultiver le stress de l’attente et non son effet immédiat, tel est le credo que Wan s’amuse à cultiver, parfois de manière maladroite mais jamais de façon totalement vaine. On en ressort pas terrifié mais pas très bien non plus avec la nette impression que l’univers crée par Wan et Whannell pourrait réserver d’autres surprises à condition d’être plus murement réfléchi.

 

 

Moins surprenant que son prédécesseur, Insidious 2 démontre toutefois que le marathonien James Wan reste toujours aussi efficace dans son domaine de prédilection.

 

 



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