Ilan Ferry 13 - octobre - 2014 Best of, Critiques

 

Un film de Wes Ball. Avec Dylan O’Brien, Kaya Scodelario, Will Poulter. Sortie le 15 octobre 2014.

 

Un survival teen qui palie son manque d’originalité par un casting éminemment sympathique et d’étonnants parti pris.

 

Note : 3/5

 

Adaptations de romans young adult et qualité artistique vont rarement de pair, qu’elles versent dans la dystopie neurasthénique (Divergente) ou la romance fantastico-nanarde (The Mortal Instruments). Pour une saga Hunger Games correcte, combien de Sublimes créatures ronflantes venues envahir nos salles obscures ? Avec son high concept à base d’ados pris au piège dans un labyrinthe géant sans savoir comment ni pourquoi ils ont atterris là, Le Labyrinthe avait tout pour appartenir à cette dernière mouvance cinématographique de plus en plus lassante. Surprise : s’il ne révolutionne pas le genre, ce premier long métrage de Wes Ball se révèle suffisamment bien troussé pour qu’on ne soit pas pris d’une irrépressible envie de casser du teenager ! Il faut dire qu’en termes de narration, ce labyrinthe-là, à défaut d’être tortueux, réserve quelques belles surprises promptes à nous tenir en haleine pendant presque deux heures. En transformant ses jeunes héros en rats de laboratoire pouvant aisément se faire dézinguer, Le Labyrinthe met le spectateur dans une position inconfortable, celui de témoin involontaire d’un jeu de massacre quelque peu déviant. Pas de quoi provoquer le malaise mais si le film reprend tous les codes du genre littéraire dont il s’inspire, il se distingue aussi par une approche résolument sombre et un premier degré parfois glaçant. Résolument masculin, il fait sciemment l’impasse sur toute romance superflue et ce malgré l’apparition de la mimi Kaya Scodelario (troublante sosie de Kirsten Stewart). Non, ce qui interpelle surtout dans le film c’est sa volonté de décliner le survival teinté de S.F. à la sauce ados sans trop s’embarrasser des clichés inhérents au genre… sans toutefois s’aliéner son cœur de cible.

 

© 20th Century Fox

© 20th Century Fox

 

Comprendre par-là que Le Labyrinthe n’infantilise jamais son public au contraire et préfère opter pour une approche plus adulte qui n’occulte pas quelques longueurs et autres redondances. Ça tourne parfois en rond et le tout semble calibré pour une diffusion en prime time le samedi soir sur M6 mais il y a dans cette exploration tribale des ressentiments adolescents quelque chose de profondément touchant qui ne serait resté que théorique s’il n’avait été porté par un casting convaincant. Sorte de boy next door auquel il est aisé de s’identifier, Dylan O’Brien campe un intéressant héros trahissant une vulnérabilité qui n’est pas sans rappeler un certain Logan Lehman (Noé). Et s’il n’a pas (encore) le talent de ce dernier, il fait preuve de suffisamment de charisme pour susciter une empathie immédiate à l’image de ses frères d’armes tout aussi peu poseurs. Et c’est peut-être là aussi que réside l’autre force de ce Labyrinthe : dans cette propension à ne jamais en faire top que ce soit en iconisant ses jeunes protagonistes à outrance ou en usant d’effets de manche superflus. L’immersion et l’identification sont quasi immédiates et si le film ne va pas assez loin en nous confrontant à nos propres choix, les pistes qu’il esquisse sont suffisamment intéressantes pour qu’on ait envie de voir la suite prévue pour septembre 2015… à condition que celle-ci ne trahisse pas ses promesses de divertissement suffisamment mature pour se démarquer du tout venant en la matière.

 

Pas révolutionnaire, Le Labyrinthe n’évite pas certains écueils inhérents au genre dans lequel il s’inscrit mais se démarque par une approche sombre et un premier degré étonnants.

 

 

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