Ilan Ferry 1 - mai - 2018 Best of, Critiques

 

Un film de Brad Peyton. Avec Dwayne Johnson, Naomie Harris, Jeffrey Dean Morgan. Sortie le 2 mai 2018.

 

Dwayne Johnson bande les muscles face à un gros gorille qui montre les dents : tel est le programme de Rampage, monster movie perfectible aussi jouissif que crétin.

 

Note : 3/5

 

Le mois de mai vient de démarrer et même si c’est encore un peu difficile à concevoir, l’été ne va pas tarder à lui emboiter le pas. En guise de mise en bouche, les studios ont déjà mis les petits pas dans les grands : alors que Marvel sort la grosse artillerie avec le dernier opus des Avengers (cf. notre critique), Warner montre les dents à une échelle plus modeste (en termes de budget en tout cas) avec Rampage – hors de contrôle. Si ce dernier ne risque pas de faire de l’ombre aux Avengers au box-office (à l’heure où nous écrivons ces lignes Avengers a largement franchi la barre des 650 millions de dollars amassés au box-office mondial en un week-end seulement), en tant que divertissement pu, il n’a pas grand-chose à envier, il aurait même des leçons à lui donner ! Entendons-nous bien : Rampage n’est pas un grand film (pas au sens cinéphilique du terme en tout cas !), mais il a pour lui de curieux atouts. Con comme la lune, bourrin comme une réunion de camionneurs lors d’un beerfest, le film de Brad Peyton à qui l’on doit San Andreas mais aussi le très mauvais Incarnate, ne fait pas dans la dentelle… et c’est tant mieux ! Mais pour cela il faut déjà accepter les énormités servies ici avec la finesse d’un Big Mac dopé aux hormones de croissance. Et on ne parle pas de l’intrigue à base de météorites transformant de gentilles peluches en créatures XXL hargneuses mais plutôt du contexte général qui voudrait nous faire passer Dwayne Johnson pour un primatologue préférant la compagnie des singes à celle des humains, Jeffrey Dean Morgan en ersatz de Walker Texas Ranger affublé du costard de Fox Mulder. Ajoutez à cela des méchants très méchants d’une stupidité à faire passer les bad guys de Commando pour des Prix Nobel de littérature. Il faut aussi accepter l’idée qu’un un primatologue bodybuildé apparaisse comme le seul rempart face à des monstres excités des gencives et des militaires à l’arme nucléaire facile. Et au milieu de tout ça il y a Georges, le gorille XXXXL, qu’on jurerait être le fruit des amours défendus entre le César de la Planète des Singes et Godzilla. Opposez lui d’autres monstres génétiquement modifiés et on vous laisse deviner le potentiel en matière de destruction massive !
 

Warner Bros Pictures

 
C’est bas du front, crétin comme un discours de Trump et pourtant ça marche, car une fois arrivé dans la salle de cinéma, le contrat passé avec le film et promet 1h50 de cornichonneries jouissives. Rampage c’est un peu de ça : un condensé de bêtise mais servi avec une telle générosité qu’il en demeure profondément sympathique. Assumant parfaitement son rôle divertissement bas du plafond, Rampage a l’honnêteté de donner au spectateur exactement ce qu’il veut : du Dwayne Johnson face à des grosses bêbêtes. Le cahier des charges peut paraître simple énoncé comme ça (et c’est ce qu’il est) mais il a au moins le mérite d’être efficace. Ne vous attendez donc pas à du blockbuster intelligent à la Mad Max Fury Road mais à un monster movie qui dans ses ambitions et sa capacité à s’y hisser se révèle autrement plus convaincant que le totalement-à coté de la plaque Pacific Rim Uprising. Il faut dire que contrairement à ce dernier, Rampage a décidé de faire sa simplicité sa force de frappe, ne se perd pas dans des logorrhées scénaristiques superflues et va directement à l’essentiel, troquant le cynisme pour une espèce de candeur qui fait défaut à bien des divertissements. Un peu trop même si bien qu’on se dit qu’un peu de second degré, de distance par rapport à son sujet ne lui aurait pas fait de mal tant on a parfois l’impression que le film a parfois honte de sa propre bêtise et se bride. Reste que de par sa lisibilité, sa propension à aller directement à l’essentiel, Rampage fait office de bon divertissement « pré estival » à déguster en salle obscure ou à défaut un samedi soir avec des potes et les accompagnements d’usage.

 

Pur plaisir régressif, Rampage est un divertissement XXL aussi crétin que jouissif qui, malgré ses écueils, suscite une sympathie aussi grande que son gorille star.

 

Commentaires