Ilan Ferry 30 - août - 2017 Critiques

 
Un film de Tommy Wirkola. Avec Noomi Rapace, Willem Dafoe et Glenn Close. Sortie le 30 août 2017.
 
Noomi Rapace se met en sept dans un thriller S.F. aussi enthousiasmant sur le fond que frustrant dans la forme.

 

Note : 2,5/5

 
Depuis le mal élevé Kill Bujo et surtout le survolté Dead Snow, sorte d’hommage norvégien à Evil Dead dans lequel les démons étaient remplacés par des nazis zombies, on attendait beaucoup de Tommy Wirkola. A tout juste trente ans, il avait démontré un talent certain pour le mauvais gout et surtout l’irrévérence assénée à grands renforts de gore qui tache. Plus décevante, sa première incursion américaine, Hansel et Gretel : Witch Hunters, montrait un Wirkola plus domestiqué. Si le résultat n’était pas honteux, ses atours de pilote pour série TV SyFy se révélait bien en deçà du talent de Wirkola et ce malgré un concept rigolo et iconoclaste. Las, son Seven Sisters emprunte le même chemin. Visiblement assagi, le réalisateur des mal élevés Dead Snow 1&2 mène sa chasse aux femmes de façon rigoriste et assez pépère alors même que c’est le sentiment d’urgence qui devrait l’animer. Ainsi, de ce thriller SF au concept pourtant o combien fascinant on ne retiendra au final que deux choses.

SND


 

A commencer par la présence de Willem Dafoe, impeccable en grand-père prêt à tout pour protéger ses sept petites filles. Seulement présent au détour d’une poignée de scènes racontées en flashback (son absence ne sera jamais réellement justifiée), il insuffle au film un supplément d’âme bienvenu, cristallisant avec le personnage de Glenn Close toute l’ambivalence induite par la thématique principale. Le second point à mettre au crédit du film est sa relative noirceur. Nimbé dans une sorte de sorte de déterminisme assez glaçant, Seven Sisters n’épargne pas ses personnages et surtout pas les héroïnes titres. Malheureusement, le film n’assume pas suffisamment sa cruauté, faisant l’impasse sur certains nœuds dramatiques cruciaux quand il ne les dévoile pas beaucoup trop tard. Dommage car il y avait là de quoi faire de ce Seven Sisters une dystopie d’autant plus terrifiante qu’elle s’appuie sur des faits scientifiques glaçants de crédibilité. Mais encore une fois, tout cela se révèle survolé. Il en résulte un thriller ayant le cul entre deux chaises constamment à cheval entre S.F. aseptisée et fable glaçante, n’assumant jamais totalement ses partis-pris. Un écueil qu’on retrouve jusque dans la caractérisation des personnages. Au delà du réel tour de force technique, si l’implication et la polyvalence de Noomi Rapace forcent le respect, les sœurs qu’elle incarnent manquent cruellement de substance, la faute à des caractérisations trop peu creusées suscitant un certain manque d’empathie. N’est pas Orphan Black qui veut !
 

Empêtré dans un canevas narratif beaucoup trop télévisuel, Seven Sisters enthousiasme autant qu’il déçoit en dépit d’un concept ultra prometteur.

 

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