Chloé Chantier 27 - février - 2017 Best of, Critiques

 

Un film de Danny Boyle. Avec Ewan McGregor, Johnny Lee Miller, Robert Carlyle. Sortie le 1er mars 2017.

Mark Renton, Spud, Sick Boy et Begbie se retrouvent vingt ans après sous le signe de la vengeance, des regrets mais aussi de l’amitié le tout sur fond de crise de la quarantaine.

 

Note :4/5

 

Tout d’abord, une bonne occasion s’est présentée puis ensuite vint la trahison. Il n’y a rien de génial à vieillir et à voir resurgir les fantômes du passé. Les drogues elles aussi ont changées l’héroïne cède la place à la coke et au viagra pour un effet rocambolesque ! Des retrouvailles inattendues autour d’un billard et nous voilà téléportés dans notre monde d’aujourd’hui, et toujours à Edimbourg. Le film fait de nombreux flashbacks avec la version de 1996. Une volonté affirmée de la part de Danny Boyle, l’objectif étant que les deux films se répondent entre eux. Il a cherché à créer une résonance afin d’amplifier l’expérience entre le film connu et le nouveau pour traduire cette mélancolie envers le passé, un passé révolu. Autrement dit cette suite nous donne l’impression que les personnages sont conscients que l’on fait un film sur eux. Comme par exemple: le passage de Spud faisant de la boxe. Le retour des personnages incarnés par les mëmes acteurs dans un contexte de crise de la quarantaine augure un second film avec moins d’impact que le premier. En effet on peut reprocher à ce sequel d’être victime de son passé. Cependant n’est-ce-pas l’effet escompté? Et pour cela, la maturité voulue et acquise par le réalisateur après ces années d’absence est réussite. Bien que moins optimiste. Le film est une histoire de trahison qui peut se voir comme la métaphore de celle faite par le réalisateur à Ewan McGregor car Leonardo Dicaprio avait été choisit à sa place pour le film La Plage. Mais l’heure est à la réconciliation, et l’amitié l’emporte avant tout malgré les années et les chemins empruntés par chacun. Nous pouvons dire que c’est en cela que le film est émouvant.
 

Sony Pictures

 

On assiste donc au retour d’Ewan Mac Gregor dans la peau de Renton, Sick boy quant à lui incarné par l’acteur Jonnhy Lee Miller est devenu un magouilleur qui essaye d’exister dans ce monde en imaginant qu’il est un gagnant, en utilisant les femmes à leurs risques et périls. Il se transforme en une personne triste. Pour l’acteur ce fut un plaisir de l’incarner. Ainsi ce deuxième film est beaucoup plus mélancolique que le précédent qui lui était très optimiste quant à la vision du futur. Il nous donne à voir des acteurs changés par la vie, les années et les différentes carrières. On peut y voir ici une double lecture entre les personnages qu’ils incarnent dans le film et ceux qu’ils incarnent dans la vie réelle. Les deux sont sujets à évoluer. Enfin c’est par la nouvelle bande-son composée par Iggy Pop et Prodigy que le réalisateur a tenté de capturer l’énergie de cette nouvelle génération. Elle est le fil conducteur du film, telle une toile de fond sur laquelle s’enchainent les évènements. C’est pour retranscrire l’esprit de la musique contemporaine à l’image des nouvelles générations bercées par les réseaux sociaux et l’accès aux cultures du monde entier que Danny Boyle a fait appel à ces artistes pour la composition. Selon le site Vice « Le trio écossais Young Fathers, très présent sur la bande originale, est à l’image des nouvelles générations : celles qui vivent l’instant présent à fond et qui ont fait de l’underground une norme. Parce que, comme l’évoque le film, la majorité d’entre nous a décidé de « choisir la vie ». «  Bien que l’on puisse reprocher un aspect mélancolique à ce film, la dynamique reste rythmée et envoutante. Il est par ailleurs préférable d’avoir vu le premier cependant les flashbacks permettent une bonne compréhension de l’ensemble.
 

Un film à ne pas manquer, vous ne verrez pas les heures passer. Vous ne serez pas déçus par la bande sonore !

 

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