Leslie Guyomard 11 - avril - 2012 Best of, Dossiers

Michelle Williams. A première vue, ce nom ne nous évoque rien qu’une blonde de plus à Hollywood, ce rouleau compresseur capable de formater des produits à la chaîne. Et pourtant… Au-delà de l’apparence candide de l’actrice se dissimule un talent rare, davantage porté vers le cinéma indépendant. Longtemps poli, ce diamant à l’état brut crève l’écran dans My Week With Marilyn, un film dans lequel elle étincelle sous l’apparat de l’icône la plus célèbre de tous les temps. Comment l’adolescente paumée de Dawson est-elle parvenue à incarner le mythe Monroe ? Lumière, en cinq points, sur la chronologie d’une fulgurante ascension.

 

1. Le phénomène Dawson

 

La jeune actrice revient de loin. En effet, la télévision la remarque dès l’âge de quinze ans et lui offre l’opportunité de faire ses premières armes. Pour la génération des années 1990, elle est l’interprète sans égale de Jennifer Lindley dans la successful série Dawson. Pour les novices – ceux qui n’auraient pas eu la chance inestimable de connaître le zap sur la première chaîne nationale à la sortie des cours - LA rebelle de ces Feux de l’Amour version teenagers. N’en déplaise, boucle d’or affiche déjà un caractère bien trempé.

 

Michelle Williams dans Dawson

© Tous droits réservés

 

2. Plus de secret pour personne

 

Cinq ans dans la peau de ce protagoniste en quête de lui-même auront suffit à affûter le jeu de la comédienne. Elle est repérée par Ang Lee pour se tenir à l’ombre de Heath Ledger dans Le Secret de Brokeback Mountain. Un rôle d’une extrême complexité, révélateur de l’étendue de ses ressources puisqu’il consiste à supporter le déchirement d’un mari attiré par la gent masculine dans l’Amérique rurale et, pardonnez-moi le pléonasme, homophobe des années 1960. Les portes du succès s’ouvrent à elle, aussi grandes que les écrans.

 

 

3. La case Kelly Reichardt

 

En 2008, l’actrice signe, en duo avec la réalisatrice Kelly Reichardt, deux films à l’atmosphère très particulière. Wendy et Lucy, dans lequel elle a pour partenaire un compagnon à quatre pattes, lui vaut de gravir les fameuses marches du Palais des Festivals à Cannes, telles la métaphore de son parcours cinématographique. Cependant, non satisfaite de ce « premier pas » vers une gloire certaine, Michelle Williams rempile trois ans plus tard dans La Dernière Piste et ajoute, en privilégiant le genre déchu du western, une corde à son arc.

 

 

Michelle Williams dans Wendy & Lucy

© Tous droits réservés

 

 

4. La fin des valentins

 

Adepte des revirements de situation, c’est ensuite auprès d’un beau gosse, considéré comme la nouvelle coqueluche des Etats-Unis, que Michelle Williams s’illustre. Une manière de nous confirmer que son joli minois ne l’a pas prédisposée aux rôles de pin up écervelée. A l’inverse, la jeune femme a brillamment saisi les clés de la réussite : elle s’entoure de Ryan Gosling et manie à la perfection le contre-emploi. Ne nous y trompons pas, les effluves de légèreté et de romantisme distillées par le titre du film Blue Valentine n’interviennent que dans le but d’annoncer la rupture, brutale, d’un couple en pleine désillusion.

 

Michelle Williams dans Blue Valentine

© Tous droits réservés

 

5. Marilyn ressuscitée

Intervient alors l’étape ultime pour parfaire la carrière sans faille de Michelle Williams : la consécration. Cette dernière l’a bien compris, tout biopic qui se respecte mérite le détour pour la prestation de l’interprète principal, celui qui a outrepassé la légende pour apercevoir l’humain. My Week With Marilyn ne déroge pas à la règle et glorifie littéralement, par sa photographie épurée et la liberté de ton octroyée à la comédienne, sa tête d’affiche. Fi de la ressemblance époustouflante, qui de mieux que la subtile Michelle pour représenter la schizophrénie d’une Marilyn à la fois déterminée et démunie. Du sur mesure qui lui a permis de chatouiller l’Oscar mais, pas d’inquiétude, tout vient à point à qui sait attendre…

 


Commentaires