Jonathan Deladerriere 1 - mai - 2012 Best of, Dossiers

 
A l’occasion de la sortie le 2 mai du film La Cabane dans les bois de Drew Goddard, la rédaction de Cinevibe vous propose un tour d’horizon de nos films de maisons hantées favoris. Bienvenue chez nous.

 

 

10. Beetlejuice de Tim Burton
Adam et Barbara filent le parfait amour dans leur jolie maison sur la colline, et…ils meurent. Fantômes coincés dans leur maison, ils voient avec horreur arriver de nouveaux habitants : une famille de New-Yorkais stressés qui décident de s’attaquer à leur demeure pour lui donner un cachet plus contemporain. Pour les déloger, le manuel de bienvenue dans l’Autre Monde s’avère insuffisant, et ils se voient dans l’obligation de faire appel à un bio-exorciste aux méthodes radicales. Beetlejuice ! Beetlejuice ! Beetlejuice !

 

Malgré seulement 17 minutes à l’écran, le héros du chef d’œuvre d’un Tim Burton encore inspiré imprima pour longtemps nos rétines réjouies. De ce récit unique d’ « exorciste inversé », le réalisateur nous livre un bijou de marginalité, bourré de clins d’oeils et de trouvailles toutes les plus délirantes les unes que les autres. Doté d’une bande originale au diapason et d’une interprétation inattaquable, Beetlejuice reste pour beaucoup le travail le plus abouti du fou génial.

 

beetlejuice de Tim Burton

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9. House
de Steve Miner
Auteur de romans d’horreur et vétéran de la Guerre du Vietnam, Roger Cobb s’installe dans un vieille demeure léguée par sa tante. Mais il est très vite poursuivi par l’armée de fantômes dirigée par Ben, un ancien du Vietnam abandonné par Roger.

 

Réalisé par le talentueux Steve Miner, House est toujours aujourd’hui l’une des plus intéressantes réussites de la série B des 80’s. D’un décalage assumé à un traitement du traumatisme post vietnamien assez inattendue, House,  à l’instar du totalement barré film éponyme de Nobihiko Obayashi, est un jouissif et salvateur défouloir. Une comédie horrifique inoffensive et bien foutue.

 

house de Steve Miner

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8. Inferno de Dario Argento
Une jeune femme qui vient d’aménager dans un luxueux immeuble new-yorkais apprend que l’architecte l’a conçu pour les trois divinités maléfiques qui gouvernent le monde…

 

Dario Argento… Tantôt génial, tantôt gênant… Sordide, le film du réalisateur transalpin prouve avec Suspiria de la maestria d’antan de l’auteur du futur Dracula 3D… Grandiloquent, baroque, terrifiant, intriguant, Argento livre avec ce cauchemar pelliculé un souvenir éprouvant de ses obsessions géométriques horrifiques. Un must aussi maniéré que grotesque.

 

 

inferno de Dario Argento

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7. Shining
de Stanley Kubrick
Jack Torrance, écrivain, prend la charge de gardien dans un grand hôtel fermé l’hiver afin de se consacrer à son nouveau roman. Accompagné de sa femme et de son fils Danny, il s’apprête à vivre de longs mois de solitude dans ce lieu isolé. Danny, qui possède le Shining, un don de médium, commence vite à comprendre qu’ils ne sont pas si seuls dans cet endroit marqué par de tragiques évènements.

 
Septième ou premier, inutile de réitérer les louanges d’un film que l’auteur de ces lignes qualifierait de parfait. Obsédant et d’une maitrise formelle quasi chirurgicale, le fantôme du feu Stanley Kubrick rodera pour toujours aux alentours de l’Overlook Hotel. Labyrinthique et effrayant, Shining est à coups sûrs une leçon d’épouvante illustrée. Un film aussi dérangeant qu’entêtant, comme le fracas des lettres d’une machine à décrire le trépas.

 

shining de Stanley Kubrick

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6. Evil Dead de Sam Raimi
Cinq jeunes vacanciers s’installent dans une baraque au coeur d’une sinistre forêt. En descendant dans une cave lugubre, les deux garçons de la bande découvrent un vieux magnétophone qui, une fois remis en marche, émet une incantation magique. Celle-ci va réveiller les forces du mal, déclenchant ainsi une horreur sans nom…

 

Des têtes à claques dans un bois, isolés et sans issues, voilà un pitch dont la simplicité et la sincérité frôlent le suicide. Et Pourtant… Schème de nombres de sombres suiveurs, le délire à 24 images secondes de Sam Raimi n’a malgré tout rien d’une obscure série Z sans ressources. D’une imagination sans bornes, le créateur de Spider Man ou d’Un Plan simple personnifie grâce à cette entité maléfique hors champ nos peurs les plus enfouies. Hilarant, gore ou monstrueux, ce Kaleidoscope d’émotions imprévisibles est un grand 8 toujours aussi respecté. S’il ne devait rester qu’un seul ambassadeur, Evild Dead grimperait sans mal sur les marches du podium.

 

evil dead de Sam Raimi

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5. La Maison du diable de Robert Wise
Pour poursuivre ses expériences de parapsychologie, le professeur Markway réunit un groupe de personnes dans un vieux manoir réputé hanté. Dès la première nuit, les hôtes sont terrorisés par des bruits insolites. Eleanor est au bord de la dépression et le professeur lui conseille de partir. Elle refuse, prétendant que la maison la retient.

 

Mis en image par le docteur ès Robert Wise, ce film d’un autre temps (que cite parfois le surestimé La Dame en noir) est pour tout cinéphile une véritable leçon de septième art. Du cadre à l’intensité sonore, de l’interprétation sans failles à une photo assez remarquable, l’œuvre nous prend par la main pour mieux nous pousser dans le vide. Formellement inattaquable, La Maison du diable est un incontournable de l’épouvante.

 

La Maison du Diable de Robert Wise

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4. Poltergeist de Tobe Hooper
La vie d’une famille californienne sombre dans la terreur quand d’étranges phénomènes commencent à se produire dans leur foyer dont un mauvais esprit s’est emparé.

 

S’inspirant de nombre de faits divers ayant défrayé la chronique au pays de l’Oncle Sam, Poltergeist de Tobe Hooper (non non, pas Spielberg) traumatisa nombre de spectateurs lors de ses diverses projections. La véracité de ces personnifications venues de l’au delà frappèrent en effet en plein cœur un public peu enclin à un si traumatisant face à face avec l’autre côté du miroir. Magnifié par la sublime JoBeth Williams, la pellicule vous noue la gorge pour ne plus vous lâcher. Une descente aux enfers inévitable que l’on concède, suffoquant et résigné.

 

 

Poltergeist de Tobe Hooper

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3. Les Autres d‘Alejandro Amenabar
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, Grace vit avec ses deux enfants dans un manoir sur l’île de Jersey, attendant le retour de son mari parti au front. Elle est obligée de cloîtrer ses enfants à l’intérieur de la demeure car ces derniers sont atteints d’une maladie rare qui leur interdit le contact direct avec une quelconque source de lumière. L’arrivée de nouveaux serviteurs vient perturber l’ordre établi, et des manifestations étranges apparaissent…

 

Pur chef d’œuvre inattendu d’Alejandro Amenabar, Les Autres et cette sombre (sic) histoire de progéniture condamnée à l’obscurité offre à Nicole Kidman le meilleur rôle de sa carrière. Huis clos Hitchcockien aux rumeurs colportées par le craquement d’un parquet vieillissant, cette réflexion hypnotique nous achève par un twist final imparable. Jamais égalé, Les Autres est un modèle de mise en scène soignée et de découpage réfléchi. Un sans faute.

 

The Others d'Alejandro Amenabar

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2. Les Innocents de Jack Clayton
Fin 19ème siècle, une gouvernante inexpérimentée s’occupe de deux jeunes orphelins dans une grande maison victorienne. Des apparitions étranges et le comportement de plus en plus imprévisible des enfants vont semer le doute et l’inquiétude chez la jeune femme. Qu’est devenue ainsi la précédente gouvernante ? Et pourquoi ses jeunes protégés deviennent aussi incontrôlables ?

 

Partageant l’affiche avec Robert Wise eu égard aux cadors du genre, le film de Jack Clayton et sa portée émotionnelle quant à la personnification du mal est aujourd’hui intacte. Malaise intemporel oppressant autant que vomissure terrifiante des peurs indicibles, ce joyau de suggestion est un vibrant hommage au roman d’Henry James : Le Tour d’écrou. Baladant le spectateur de l’inquiétante étrangeté du fantastique Victorien à la tradition gothique de l’innommable, Les Innocents abandonne un spectateur le souffle court, perdu dans les méandres d’une psyche frustrée et incrédule. Un monument.

 

Les Innocents de Jack Clayton

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1. L’Orphelinat de Juan Antonio Bayona
Laura retourne dans la maison où elle a passé son enfance, et décide d’en faire un orphelinat. Peu de temps après, son fils, Simon, se fait un ami imaginaire.

 

Esthétiquement inattaquable, la réussite de Juan Antonio Bayona alterne avec brio frissons d’effroi et réflexion poignante sur la maternité. Lorgnant du coté des peurs enfantines et de films comme L’Échine du Diable ou Les Autres (impossible ici de ne pas remarquer son origine ibérique); le film est parfois taxé d’assez peu original. On lui préférera les adjectifs de sobre, d’inspiré, ou de maitrisé. Sans stylisation excessive, le film vous laisse gorge nouée par tant de maestria narrative, le tout porté par une interprétation et une ambiance ultra-efficace. Un bel instant de cinéma.

 

L'Orphelinat de Juan Antonio Bayona

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