Ilan Ferry 6 - septembre - 2015 Dossiers

 

Ouverture  et Jour 1: S.F. boursoufflée et séries B made in India


C’est une évidence et pourtant il est toujours bon de le rappeler : les éditions de l’Étrange Festival se suivent mais ne se ressemblent absolument jamais. Après avoir fêté son 20eme anniversaire avec pertes et fracas (surtout fracas), l’étrange festival revient du haut de ses vingt et un printemps nous en remettre plein les mirettes ! Cette année encore attendez-vous à du bizarre, du drôle, de l’insolite et du terrifiant. Un cocktail détonnant qui, une fois encore, va bousculer pas mal de conventions ! C’est du moins ce que l’on était en droit d’attendre du film d’ouverture : Brand New-U, film S.F. so british. Las, ce premier long-métrage lorgnant peut-être trop du coté de Philip K.Dick aura peu convaincu les festivaliers qui y auront vu une vaine tentative de chasser sur les terres du papa de Blade Runner. Un mauvais point d’autant plus préjudiciable que l’année dernière, le festival avait frappé fort avec le bigarré The Voices.  Heureusement, le très réussi Ni le ciel ni la terre (en salles dès le 30 septembre) ou encore Dark Star : l’univers de H.R. Giger, très bon documentaire offrant une véritable immersion dans l’univers du célèbre designer suisse auront su donner à la soirée un cachet autrement plus étrange Pour son premier jour, le festival a laissé l’Inde envahir ses couloirs entre l’actioner NH10 et le surnaturel Ludo. Deux incursions indiennes dans le cinéma de genre qui n’auront pas laissé les festivaliers indifférents en particulier Ludo chaudement accueilli par le public. De son coté, notre envoyé spécial Flavien Bellevue aura lui opter pour un trip plus vintage avec le très attendu Turbo Kid, hommage généreux et totalement assumé au post-nuke. Malheureusement, aussi sincère soit-il l’exercice tourne un peu en rond malgré un réel cœur mis à l’ouvrage et l’abattage d’un Michael Ironside toujours aussi génial. Un bel exercice de style mais qui ne méritait peut-être pas de faire l’objet d’un long métrage. On ne pensait pas le dire un jour mais le festival ne démarre pas sous les meilleurs auspices… loin de là !

 

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Jour 2 : Cadavres exquis
En ce samedi après-midi pas tout à fait ensoleillé mais pas pluvieux non plus, Flavien a décidé de faire le grand écart entre S.F. expérimental et comédie à l’esprit très Groland. Arpentant les festivals depuis plus de deux ans, l’énigmatique Upstream Colors pose ses guêtres au forum des Images. Aussi beau que difficile d’accès, ce film de S.F. conceptuel fait toutefois parti de ses curiosités à voir ne serait-ce que pour son caractère atypique quelque part entre Tarkovski et Malick ! Deux heures plus tard, il était temps de continuer la journée sur un mode plus Tranquilou, ça tombe bien c’est le titre de cette œuvre totalement cintrée projetée dans le cadre de la carte blanche accordée à Benoit Delepine. Un film totalement groland donc aussi drôle qu’étrange qui pêche par une durée rédhibitoire d’une heure cinquante. La preuve par l’image que les meilleures blagues sont les plus courtes. Un peu plus loin, Cooties et ses enfants zombies auront fait hurler de rire et de plaisir des festivaliers heureux de se retrouver devant le premier vrai bon film de la compétition. Il était temps ! Huis clos dans lequel une femme enfermée sous la glace va devoir se battre pour survivre, The Dark Below a tellement suscité la curiosité qu’il aura très vite affiché complet ! Dommage, pour se frotter à ce qui s’apparente à une version polaire de Buried (présenté à l’Étrange il y a tout juste cinq ans) il faudra attendre ! Loin de se laisser décourager, l’auteur de ces lignes décide de faire plus ample connaissance avec The Corpse of Anna Fritz. Un autre huis-clos, espagnol cette fois, dans lequel trois amis fascinés par le corps sans vie d’une actrice tout juste arrivée à la morgue, décident de s’adonner à la nécrophilie avant de se rendre compte que leur partenaire non consentante n’est peut-être pas si morte que ça ! Un pitch intéressant prompte à distiller le malaise malheureusement transformé ici en série B correctement exécuté mais ne réservant aucune surprise. D’un thème pourtant anxiogène et dérangeant au possible, le réalisateur Hector Hernandez Vicens tire une œuvre assez banale, sorte de thriller du samedi soir mur pour une diffusion sur M6 en deuxième partie de soirée. Malgré une première partie pleine de promesses, The Corpse of Anna Fritz pêche par un manque d’audace certain. Dans le genre, mieux vaut (re)voir l’étouffant Aftermath de Nacho Cerda, suffoquant court-métrage reprenant le thème de la nécrophilie. Aujourd’hui dimanche nous avons rendez-vous avec des danois loufoques. Vivement !

 

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