Ilan Ferry 15 - septembre - 2011 Best of, News

 

A Strasbourg les jours se suivent… et ne se ressemblent pas ! A l’image d’une sélection qui fait dans l’éclectisme et qui aura vu se bousculer aujourd’hui femme sauvage et petit vieux zombifié. Soit deux films aux antipodes l’un de l’autre mais mues par une même volonté de triturer certaines figures imposées du genre. Prêt ? Feu… Mordez !

 

 

Sex & Comedy

Comme tous les matins, la salle St Exupéry ouvre ses portes aux journalistes soucieux de découvrir les films de la sélection officielle. Et si l’humeur du jour était à la sérénité, le premier film de la journée allait rapidement changer la donne. En l’occurence, The Woman (cf. critique), nouveau film du trop rare Lucky McKee qui nous gratifie ici d’un uppercut féministe et humain. Prolongation naturelle des autres films du cinéaste, cette adaptation d’un roman de l’auteur Jack Ketchum a été le premier vrai choc de la compétition. Beau et terrible, il aura laissé son public à la fois exsangue et ravi.

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Difficile de passer après cette première baffe, et ce n’est pas Harold is going stiff qui attestera du contraire. Amusant documenteur sur la lente déliquescence d’un gentil petit vieux se transformant en zombie, Harold … est une oeuvre bancale qui, à trop jongler entre premier et second degré devient lassant et prévisible. Si les scènes de comédie sont souvent rigolotes, la partie émotion, trop mécanique, peine à convaincre en dépit d’un attachant personnage principal. A l’image du récent Troll Hunter (le formidable bestiaire en moins), le film ne prend jamais véritablement parti quand au ton a adopter et ne se sert de la caméra subjective que comme unique gimmick au lieu de l’intégrer de façon intelligente dans la narration. Gentil mais oubliable.

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Quatre vingt minutes plus tard, les plus affamés se dirigent dans un restaurant au nom providentiel : A la hache. Bon appétit ! Une fois la panse bien éclatée, l’heure est au travail , seulement quelques heures pour coucher ses impressions sur papier avant la projection du documentaire Frissons Teutons. Centré sur la série des Edgar Wallace, films allemands mélangeant allégrement polar et horreur et adaptés des oeuvres du romancier britannique Edgar Wallace, ce documentaire produit par Arte revient sur un pan méconnu du cinéma teuton qui aura vu naitre trente deux films entre 1959 et 1972. Nous y découvrons la grandeur et la décadence d’un genre « bâtard» qui aura notamment inspiré le giallo. Un film intéressant quoiqu’assez court que vous pourrez découvrir le 25 septembre sur Arte à l’occasion d’une soirée spéciale. Une petite heure après, direction le cocktail Arte aussi frugal au niveau de la nourriture que généreux en termes de boissons. Trop dure la vie de festivalier !

 

 

 

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