Ilan Ferry 15 - septembre - 2013 Dossiers

 

Jamais deux sans trois… C’est donc le cœur vaillant que l’équipe de Cinevibe a investi le Festival Europeen du Film Fantastique de Strasbourg pour la 3eme année consécutive. Et c’est le très buzzé We Are What We Are qui a ouvert les hostilités de ces neuf jours placés sous le signe de l’effroi. Déjà présenté à l’Etrange Festival, la semaine dernière le film de Jim Mickle est en fait le remake d’un film mexicain centré sur une famille aux habitudes alimentaires plutôt hors normes. Si d’un point de vue esthétique et technique le réalisateur de Stake Land monte d’un cran, narrativement parlant c’est une toute autre affaire. Lent, répétitif, le film instaure un climat des plus singuliers pour mieux s’enfoncer dans une contemplation peu appropriée. Clairement surestimé, le long métrage n’en demeure pas moins formellement abouti, prouvant si besoin est que tout s’il manque à Jim Mickle c’est un garde-fou prompte à juguler ses velléités auteurisantes. Ce fut ensuite au tour des Wrong Cops de Quentin Dupieux de clore cette première soirée. Plutôt drôle, cette parodie très singulière des cop show porte irrémédiablement la marque de son auteur qui, une fois de plus, capitalise sur un humour nonsensique que les non avertis pourront trouver déconcertant, un objet bizarre à mi-chemin entre Twin Peaks, les Monty Python et la série Reno 911.

 

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 Jour 2 : Pour son premier vrai jour, le festival a démarré sur les chapeaux de roue (du moins pour les journalistes) avec la projection du nouveau film de Lucky McKee : All Cheerladers Die ou ACD pour les intimes. Co réalisé avec Chris Stevenson (The Lost), il s’agit en fait du remake d’un film qu’ils avaient coréalisé en 2001. Avec ACD, McKee réalise certainement son film le plus mainstream. Par l’entremise du teen movie, il offre une aux moins avertis, une formidable porte d’entrée à son cinéma tout en démontrant à ses fans qu’il ne s’est en rien trahi, ACD portant inlassablement la patte de son auteur. Premier film de la compétition officielle, Uma Historia de Amor e Fùria pourrait etre vu comme un pendant animé et simplifié de Cloud Atlas agrémenté d’un zeste de The Fountain. On suit le parcours d’un homme qui, 600 ans durant, n’aura de cesse au gré de ses multiples réincarnations, de retrouver l’amour de sa vie tout en menant à chaque fois un vif combat contre toutes formes d’oppressions. Histoire d’amour et de résistance, le film séduit par la candeur de son propos mais n’évite pas les redondances malgré sa courte durée d’1h15. Une petite curiosité en provenance du Brésil qui n’a pas volé son Grand Prix au dernier Festival du Film d’Animation d’Annecy.  Non, décidément les vraies larmes ce sont devant le documentaire Rewind This qu’elles ont été versées. Emouvant et très dense retour sur la VHS, cette véritable madeleine proustienne (adoubée par Big John Carpenter en personne) revient sur l’histoire et l’impact de ce support devenu le symbole même de la résistance contre la dématérialisation et réceptacle d’un certain amour du cinéma. Il offre un regard à la fois triste et plein de nostalgie sur le caractère quasi archéologique de la cassette vidéo qui aura a jamais changé notre rapport au 7eme art. Second film de la compétition, In Fear aura moyennement convaincu malgré une ambiance oppressante mais malheureusement fort mal distillé. Sorte de pendant irlandais de The Hitcher, In Fear suit les mésaventures d’un couple perdu en voiture dans une forêt que jamais ils ne trouvèrent. Partant sur un postulat plutôt intéressant, ce thriller psychologique commence de manière efficace mais fait rapidement du surplace et évacue bien trop rapidement ses quelques bonnes idées. Dommage car mieux géré il aurait pu se révéler diablement efficace et dérangeant.

 

Tableau de notes

We Are What We Are : 2,5/5
Wrong Cops : 3,5/5
All Cheerleaders Die : 3,5/5
Um Historia de Amor é Fùria : 3/5
Rewind This : 3,5/5
In Fear : 2,5/5

 

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