Ilan Ferry 17 - septembre - 2014 Dossiers

Cette année, Cinevibe sera arrivé un peu à la bourre au 7eme Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg mais comme on dit : quand on aime on ne compte pas !

 

Jours 1&2 : Massacre dans des zones humides !

A trois automnes seulement de sa première décennie d’existence, le festival a proposé au grand Tobe Hooper d’officier en tant que président du jury. Une occasion rêvée pour célébrer de la même manière les quarante ans de son mythique Massacre à la tronçonneuse projetée dans un superbe master 4K tout nouveau tout beau puis suivi d’une passionnante master class durant laquelle le cinéaste a révélé ses secrets de fabrication. Mais avant cela, les festivaliers auront déjà eu l’occasion de se frotter à du lourd avec  le film d’ouverture : le mélancolique These Final Hours, digne successeur de La Route en mode pré apocalypse. C’est samedi 13 que les choses sérieuses ont commencées avec le rigolo et très subversif Wetlands, réjouissante comédie teen allemande cassant clichés et tabous avec une joie non feinte. Jusqu’au boutiste et souvent très drôle, ce film entièrement porté par l’ultra mimi Carla Juri est une plongée unique au cœur de l’intimité féminine, une désacralisation salutaire qu’on en voit encore trop rarement. En dépit de quelques longueurs et d’un background psychanalytique parfois trop appuyée, cette adaptation du roman autobiographique Zones humides renvoie American Pie et ses petits copains au rang de gentilles blagues. Rattrapé deux jours plus tard, Housebounds est une comédie horrifique très sympathique se jouant malicieusement des codes du home invasion movie et de la ghost story pour un résultat plaisant et sans prétentions. Une bonne surprise !

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Mais l’événement de la journée (ou plutôt de la soirée) fut sans conteste la projection de Dead Snow 2 en séance de minuit. Toujours réalisé par le trublion Tommy Wirkola, cette suite oppose cette fois les nazis zombies à des communistes tout aussi peu frais ! Première véritable coup de cœur du festival, le singulier A Girl Walks Home Alone at Night ose l’impensable en affublant sa vampire de personnage titre  (iranienne de surcroit) d’une burqa. Nimbé dans un noir et blanc sublimé, traversé de véritables fulgurances esthétiques, cet OFNI à mi-chemin entre le cinéma de Jim Jarmusch et celui de Kathryn Bigelow, la jeune cinéaste Ana Lily Amirpour faisant plus d’une fois de l’œil à un certain Aux Frontières de l’Aube. Un trip suffisamment aérien pour nous faire oublier la séance de minuit placée sous le signe de la gouaille avec What We Do in the Shadows dont vous pouvez toutefois retrouver la critique chez nos confrères de Cinemateaser.

 

 

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