Ilan Ferry 17 - septembre - 2014 Dossiers

Après un premier week-end prometteur, le FEFFS démarre plutot bien la semaine avec une programmation mi figue mi raisin mais toujours aussi singulière. On vous détaille tout ça !

 

Jours 3&4 : Jeux interdits

Quel meilleur moyen de démarrer la semaine que de voir ce qui se trame chez nos amis irlandais ? Dans The Canal que nous pourrions définir comme un démarquage de Sinister au pays de la Guiness, un archiviste commence à perdre le sens des réalités quand il découvre que sa maison du bonheur a été le théatre de crimes terribles il y a un siècle. Pire encore, notre paisible fonctionnaire en vient même à se poser de sérieuses questions sur la fidélité de sa femme laquelle meurt comme de par hasard noyée au fond d’un drôle de canal. Au-delà de ses troublantes ressemblances avec le film de Scott Derrickson avec lequel il partage cette même thématique de contamination du Mal par l’entremise de la pellicule, The Canal a cela de décevant qu’il multiplie les effets de manche pour un résultat au final assez banal. On reconnaitra toutefois au réalisateur Ivan Kavanagh un talent  indéniable pour mettre en place une ambiance oppressante. Reste désormais à canaliser ce savoir-faire au travers d’une intrigue moins convenue. La déception était aussi quelque peu de mise avec White Bird, dernier film de Greg Araki dans lequel l’ex porte-voix d’une certaine Doom Generation suit le parcours initiatique d’une jeune fille confrontée à la disparition soudaine et mystérieuse de sa mère dans l’Amérique de la fin des années 90. Esthétiquement très beau et entièrement porté par Shailene Woodley et Eva Green, White Bird reste toutefois beaucoup trop sage dans son exploration de la féminité et des troubles qu’elle peut engendrer. Il en résulte une œuvre trop « précieuse » et pas assez incarnée qui se regarde sans déplaisir mais sans passion non plus comme si Araki s’était sciemment assagi et avait cédé aux sirènes du mainstream malgré un final totalement incongru et surtout ridicule auquel lui-même ne semble pas croire. Sans conteste son film le moins fiévreux et fou et, presque paradoxalement, la plus froide. Heureusement, la soirée s’est clôturée en beauté avec le frappadingue Why don’t you play in Hell de Sono Sion, comédie hallucinante et hallucinée amenée à être placée en tête des films les plus fous de ces vingt dernières années. Rien que ça !

 

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Le lendemain, le bien nommé Amours Cannibales aura divisé les festivaliers une partie s’étant laissé séduire par son atmosphère et sa superbe photo tandis que d’autres n’y auront vus qu’un joli apparat pour camoufler un propos terriblement banal. Late Phases et son intrigue à base de vétéran retraité cassant du loup-garou aura été beaucoup plus fédérateur. Il faut dire que cette série B sans prétentions avait de quoi séduire : un protagoniste charismatique, des maquillages convaincants et surtout une narration resserrée rendant l’expérience aussi sympathique que jouissive. Une sorte de chainon manquant entre Gran Torino (toutes proportions gardées) et Hurlements un peu cheap mais non dénuée de charme. De quoi inaugurer de manière efficace une journée placée sous le signe de la décomplexion et du cool entre le documentaire Super 8 Madness, le rigolo Lifeforce ou encore l’indétrônable S.O.S Fantômes projeté en plein air au pied de la cathédrale de Strasbourg. Et ce n’est pas le très geek et très fun Knights of Badassdom qui inversera la tendance, au contraire puisqu’on y voit une bande de fans de jeux de rôles grandeur nature (parmi lesquels le toujours flegmatique Peter Dinklage dans un rôle en or) affronter un démon qu’ils ont malencontreusement délivré. Largement inspiré d’Evil Dead 3, le film de Joe Lynch a suffisamment de cartes en main pour séduire. Quand vous disait que le festival était placé sous le signe de la coolitude !

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