Ilan Ferry 13 - septembre - 2012 Best of

A l’occasion de la sortie en DVD et Blu-Ray du très sympa Radiostars (cf. notre test), Cinevibe a rencontré l’une de ses têtes d’affiches : Douglas Attal. Entretien en toute humilité avec une future star !

 

 

Comment es tu arrivé sur Radiostars ?

J’ai rencontré Romain Levy alors qu’il préparait son film aux Productions du Trésor, la maison de production de mon père.  Je venais tout juste de terminer mon court métrage. Il cherchait un petit feuj timide de 25 ans et m’a demandé de passer des essais. Au début, j’étais un peu réticent car je ne suis pas acteur à la base. Ce que je lui ai proposé au fil des sessions de casting lui a plu. Sans jouer j’étais le gars qu’il recherchait. Sa référence c’était Dustin Hoffman dans Le Lauréat.

 

Qu’est ce qui te différencie alors du personnage ?

On a beaucoup bossé les quelques moments où le personnage s’énerve ou se confie. Je ne me confie pas aussi facilement que Ben, mon personnage dans le film. Le fait de jouer dans un film m’a donné plus confiance en moi. Ca m’a donné envie de jouer d’autres personnages mais je ne sais pas encore si j’en suis capable. J’ai l’impression d’être plus à l’aise pour le moment avec des rôles qui sont plus proches de moi.

 

Douglas Attal dans Radiostars de Romain Lévy

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Le fait que ton père soit le producteur du film, ça t’a mis une pression supplémentaire ?

La vraie pression pour moi était de satisfaire Romain avant tout, car si je me plantais on allait dire que j’étais pistonné alors que ce n’était pas du tout le cas. Le challenge était d’arriver à jouer alors que je ne suis pas acteur. Les deux premiers jours étaient très durs car j’étais complétement paralysé. Mais grâce au regard bienveillant de toute l’équipe et l’ambiance conviviale, j’ai rapidement été mis à l’aise. Pour mon père (Alain Attal, notamment producteur de Polisse/NDR) par contre oui car il devait pouvoir trouver des financements sans avoir l’air du producteur qui cherche à produire un film pour son fils.  Il était plus réticent que moi mais Romain a insisté.

 

C’était difficile de financer Radiostars ?

Très, car on avait aucune chaine hertzienne seulement Canal +. A un moment on était même plus sur de pouvoir le faire.  On a quand même réussi pour beaucoup moins cher que prévu en changeant plusieurs choses dans le scénario.

 

On sent une réelle complicité entre tous les acteurs…

Oui c’est une complicité qui s’est créée de manière innée pendant le tournage. On a appris à se connaître durant les deux premières semaines de tournage en province où on était tous les jours ensemble.

 

Clovis Cornillac, Douglas Attal, Pascal Demolon,Manu Payet dans Radiostars de Romain Lévy

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Tu connaissais le milieu de la radio avant ?

Pas du tout, j’ai jamais écouté de radio. Ce n’est qu’à partir du moment où Manu Payet a commencé à nous parler des dessous de ce monde que je m’y suis intéressé. Quand j’écoute la radio ce sont des stations où il n’y a que de la musique , pas de blabla. J’ai découvert ce milieu grâce à la musique. J’écoute beaucoup Nova , ça fait un peu bobo dit comme ça, sinon Fip. J’aime beaucoup la soul qu’elle soit moderne ou à l’ancienne. J’aime beaucoup des artistes comme Common, PJ Morton ou encore Ben l’oncle Soul avec qui j’avais fait un court métrage. Romain, lui est un gros fan de Rap US.

 

Tu as réalisé plusieurs courts métrages, le fait d’être devenu acteur t’a t il aidé en tant que réalisateur ?

Oui dans la mesure où dans mes deux courts métrages je ne m’occupais pas vraiment des acteurs. Je travaille surtout sur l’image et j’ai plutôt tendance à laisser travailler les acteurs et corriger le tir après éventuellement alors que Romain lui a une idée précise des émotions qui doivent se dégager de chaque réplique. Le voir au travail m’a beaucoup appris et m’a donné envie de me focaliser davantage sur les acteurs par la suite.

 

Tu es tenté par l’aventure du long métrage ?

Depuis trois ans j’essaie d’adapter un roman de Gerald Bronner qui s’appelle Comment je suis devenu un super héros. Je bosse dessus avec l’auteur et depuis peu on s’est adjoint les services d’un autre scénariste Cédric Anger (scénariste du Petit Lieutenant/NDR) qui a aussi réalisé L’Avocat et Le Tueur. C’est un film entre Watchmen et Incassable qui se situe dans un monde où le monde connaît l’existence des super héros. On suit le quotidien de Titan qui est le dernier super héros à bosser pour l’Etat alors que les autres héros sont des stars. C’est un film de super héros à la française assez noir. C’est une chronique sur un super héros un peu déprimé.

 

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C’est pas un peu difficile de faire un film de super héros en France ?

Pas au niveau scénaristique. Ce sera plus le fait de l’ancrer dans notre réalité qui sera un vrai challenge. L’idée va être de jouer sur un coté un peu polar et ne pas montrer un Paris de carte postale. On ne peut pas rivaliser avec les films de super héros américains.

 

Qu’est ce qui t’attire tellement dans les comics ?

C’est la série animée Batman qui m’a donné envie de raconter des histoires et de découvrir l’univers des comics car c’est  la première fois que je voyais quelque chose d’aussi abouti dans la narration. Aujourd’hui encore je continue à  acheter des comics de manière compulsive. C’est plus qu’une passion, c’est une drogue. J’ai découvert le cinéma assez tard, je ne regardais pas tellement de films quand j’étais petit. C’est vraiment quand j’ai commencé à voir des films en VO en salles que le cinéma est devenu une passion.

 

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Quel est le dernier comics qui t’a marqué ?

Dernièrement, c’est Turf qui parle d’une guerre de gangs entre vampires et extraterrestres durant la Prohibition. J’ai aussi beaucoup aimé l’album Batman : sombre reflet écrit par Scott Snyder et dessiné par Jock qui a bossé sur The Losers, Hellblazer, Green Arrow. On suit plusieurs aventures de Dick Grayson qui prend la place de Batman pendant que celui-ci recrute des héros dans le monde. Le fil rouge est le fils du commissaire Gordon. C’est vraiment époustouflant !

Tu as vu les derniers longs métrages animés de Batman ?

Oui mais j’ai été un peu déçu. Le dernier que j’ai vu c’est New Frontier mais je les trouve un peu pauvres graphiquement et scénaristiquement par rapport à ce que faisait Bruce Timm sur la série animée Batman. Je trouve que la période des très bonnes adaptations animées est derrière nous. Les personnages ont moins creusés qu’avant. Même les séries comme Smallville ne m’ont pas accrochées.

 

Tu es plus Marvel ou DC ?

Comme j’ai commencé par Batman je suis plus DC même si je trouve qu’il y a plus d’auteurs intéressants chez Marvel surtout dans les comics modernes Je garde un attachement tout particulier aux personnages de DC : Batman et Superman sont mes héros préférés. J’ai grandi avec leurs mythologies. Niveau cinéma, j’ai pas de camp : les Batman de Nolan sont énormes, j’aime bien en même temps Iron Man, Captain America, Thor. Marvel a réussi quelque chose d’assez fort avec The Avengers.  On est dans une logique de studio mais dans le bon sens du terme, un peu à la Pixar. Il y a tellement de tetes pensantes que l’erreur est difficilement possible. Entre temps il y a eu quelques couacs comme Iron Man 2 ou le Hulk de Letterier que je n’aime pas trop. Personnellement, je pense que je serais incapable de faire un truc comme ça !

 

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Qu’as tu pensé de The Avengers ?

Je trouve que c’est l’un des meilleurs blockbusters de ces dernières années. C’est intelligemment écrit , chaque personnage est traité de la meilleure manière qui soit, toutes leurs particularités sont mises en avant lors de leurs affrontements, leurs psychologies fouillées sans que ça ralentisse l’action. Whedon a réussi à faire une grosse scène d’action de 2h20 sans perdre de vue ses personnages.

 

Les films de super héros t’ont ils nourris en tant que réalisateur ?

Totalement. Je ne sais pas si je sais bien raconter des histoires mais ils m’ont donné envie de le faire. Ca m’a aussi nourri dans le mauvais sens du terme dans la mesure où mes deux précédents courts métrages appartiennent au genre fantastique et j’ai du mal à m’interesser à autre chose. Je trouve que traiter une histoire sous l’angle fantastique nous permet d’avoir plus de recul par rapport à celle-ci, c’est plus subtil. C’est ce qui me motive à mener à bien un projet. Le film qui m’a donné envie de réaliser c’est Sixieme Sens. Je suis fasciné par le genre fantastique mais traité de manière réaliste. Je ne suis pas fan de science fiction mais si je devais en faire un ce serait un film dans la veine de Never let me go que j’ai adoré.

 

Et si on te demandait d’écrire une comédie ?

Je ne suis pas très à l’aise dans l’écriture donc je ne pense pas etre capable. J’ai pas l’impression de pouvoir raconter quelque chose sous cet angle. Quoi que je fasse le genre fantastique revient dans mon travail.

 

 

 

 

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