Ilan Ferry 14 - septembre - 2012 Best of

 

A l’occasion de la sortie de Robot and amp; Frank mercredi 19 septembre, Cinevibe s’est entretenu avec Jake Schreier et Frank Langella, respectivement réalisateur et star de ce film de SF pas comme les autres.

 

Votre film m’a beaucoup plu…

Frank Langella : Merci infiniment. Ca nous touche beaucoup que des jeunes de votre génération apprécient le film. Beaucoup de producteurs ont pensé que ce ne serait pas le cas et ont refusé de nous aider.

 

Vraiment ? Pourquoi ?

Frank Langella : Parce qu’ils ne veulent produire que des films formatés pour les jeunes afin d’être surs que derrière vous pourrez consommer. Ils ne font que s’adresser aux plus gros consommateurs, en l’occurrence vous !

 

Jake Schreier : A Hollywood, les producteurs ont tendance à croire qu’un film comme Robot & Frank va plutôt s’adresser aux seniors de plus de soixante ans alors que nous avons reçu des retours de gens de générations différentes. Quand on fait un premier film, on se fiche généralement de ce que les gens pensent. On a eu du mal à trouver des financements car tout le monde pensait qu’un tel sujet était trop délicat à traiter.

Frank Langella : Je pensais que le film ne se ferait jamais , même quand j’ai accepté. Je me suis demandé qui irait voir un film sur un vieil homme de soixante cinq ans.

 

 

Frank, comment c’était de jouer face à un robot ?

Frank Langella : Facile. Tout le monde pensait que ce serait compliqué mais non. Il m’a suffit de regarder cette grosse machine et d’en tirer quelque chose. Peu importe ce qui ressortait du robot, j’étais toujours concentré sur moi et le caractère intrusif du robot dans la vie de Frank, mon personnage. Ce qui est bien sur un mécanisme de défense contre l’amour. C’est ce que fait Frank durant la première moitié du film. Puis quand il voit que le robot peut lui être utile, il se met à l’apprécier.

Jake Schreier : Je me suis longtemps demandé si on devait mettre un comédien dans un costume de robot pour aider Frank mais il n’en avait pas besoin. Frank, qui est quand même un très grand acteur de théatre aussi, a réussi à créer ce monde et le rendre crédible par lui même.

 

Frank Langella : Quoique je fasse, le robot n’allait pas soudainement prendre vie et me répondre !

 

© EuropaCorp

 

 

Avez vous tout de suite pensé à Peter Sasgaard pour la voix du robot ?

Jake Schreier : Pas du tout. Nous ne savions même pas qui preterait sa voix au robot durant le tournage. Ce qui est super chez Peter c’est que sa voix traduit une empathie immense. Ca me rappelle un article du New York Times qui disait que c’est une chose de construire un robot mais c’en est une tout autre de le laisser entrer dans la vie des gens, en particulier les vieilles personnes.

 

Frank Langella : La voix de Peter fonctionnait très bien avec la mienne qui est elle beaucoup plus grave et profonde. L’équilibre était parfait.

 

 

Le futur que vous décrivez dans le film semble tour à tour pessimiste et réaliste. Comment le définiriez vous ?

 

Jake Schreier : Nous avons voulu décrire un futur assez tangible auquel il serait aisé de croire tout de suite. Le personnage de Frank est resté dans son monde assez éloigné de la technologie, le robot devait apparaître comme le seul élément vraiment futuriste dans son univers. Nous ne voulions pas que d’autres éléments puisse distraire cette vision du vieil homme avec son robot.

 

Avez vous tout de suite pensé à Frank Langella en lisant le script ?

Jake Schreier : Pas du tout, nous n’avions personne en tête à l’époque. Le film est basé sur une idée qu’avait le scénariste (Christophe D. Roy/ NDR) alors que nous étions encore à l’école de cinéma il y a dix ans. Nous n’imaginions pas avoir quelqu’un de la carrure de Frank.

 

©Europa Corp

Quel fut votre première réaction à la lecture du script ?

Frank Langella : Je me suis dit qu’il serait impossible de faire un film ayant pour héros un homme de soixante dix ans. En le lisant, je me suis dit que ces petits jeunes avaient besoin de savoir deux trois choses sur le fait d’avoir soixante dix ans. Après notre première rencontre, ils m’ont renvoyé un nouveau scénario bien meilleur. En le lisant, j’ai su tout de suite que je voulais le faire.

 

Pourtant beaucoup de films parlent de la vieillesse comme Gran Torino, ça ne vous a pas servi d’argument ?

 

Jake Schreier : L’argument était l’intrigue en elle même. Nous nous sommes un peu libéré de certaines règles et heureusement nous avons bénéficié de la confiance de nos financeurs. Au final, ce qui a le plus importé c’est la manière dont le public a réagi.

 

Frank Langella : Je n’ai jamais vu un tel engouement. Le film s’est vendu très rapidement dans beaucoup de pays. Dans Gran Torino, il y a une fusillade alors que dans Robot & Frank il n’y a pas de sexe, de violence ou encore d’adolescente mignonne de dix sept ans à la drole de voix. On ne voit aucun cliché, c’est juste l’histoire d’un vieil homme et de son robot. C’est une histoire universelle et humaine !

 

Jake Schreier : il y aura peut être une scène de sexe avec le robot dans la suite (rires)

 

© EuropaCorp

Le film peut être perçu comme anti technologie… quels gadgets possedez vous ?

 

Frank Langella : J’ai un iPhone. Je viens tout juste d’apprendre comment envoyer des textos !

 

Jake Schreier : Je ne dirais pas que le film est anti technologie même s’il adopte le point de vue de Frank au début puisque son personnage finit par s’accoutumer de ce petit bout de technologie.

 

 

Merci à Michel Frouin de Cartel et Agnès Leroy de Public Système

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