Flavien Bellevue 16 - décembre - 2013 Best of

 

De passage à Paris pour la promotion de Bad Grandpa dans un grand hôtel parisien,Johnny Knoxville et son producteur Derek Freda se livrent sur leurs nouveaux méfaits et sur l’aventure Jackass.
 

Pourquoi l’introduction de la fiction sur ce film ?
Johnny Knoxville : Il y a 8 ou 9 ans, nous avions pensé à rassembler tous les sketches que nous avions fait et puis le temps a passé. Nous avons fait d’autres films et lorsque l’opportunité s’est présentée, nous devions trouver un moyen d’éviter de faire 90 minutes de caméras cachées non stop. L’idée du petit garçon devant rejoindre son grand-père à la suite des funérailles de sa grand mère, nous est venue.

 

Pourquoi endosser le costume du grand père ? Quelles sont les limites avec ce personnage ?
Johnny Knoxville : C’est une idée de Spike Jonze avec qui j’avais fait quelques sketches dans ce costume. Il me conseillait de piéger plus les gens en étant un grand père. Avec le succès de Jackass, je ne peux plus tellement piéger les gens sans me déguiser. Mais il faut dire que j’attire plus la sympathie des gens en étant un vieil homme avec un petit enfant.

 

Comment avez vous choisi Jackson Nicoll pour le rôle de Billy et vous a-t-il volé la vedette ?
Johnny Knoxville : Sur ce film, il m’a volé la vedette (rires). Lorsque Jackson avait 7 ans, nous avions fait un film ensemble où il m’insultait tout du long, ça m’avait impressionné et j’ai donc pensé à lui pour le film. C’est une vraie perle car il fallait faire des blagues à des adultes et tenir sur la longueur.
 
Derek Freda : Nous avons vu beaucoup d’enfants avant lui et c’était important que l’enfant se sente à l’aise pour faire ce film. Il y a dû avoir 5 enfants sur notre shortlist à la fin du casting et Jackson l’a eu.

 

© Paramount Pictures

© Paramount Pictures

 

 

Votre scène favorite de Bad Grandpa ?
Johnny Knoxville : Celle du concours de beauté pour enfants et celle du club de strip-tease sont mes deux préférés. (rires).

 

Quelles références avez vous eu pour faire ce film ? Avez vous vu un film comme Big Daddy par exemple ?
Johnny Knoxville :  Je n’ai jamais vu Big Daddy avec Adam Sandler… mais j’ai plus pensé à des films comme La Barbe à papa de Peter Bogdanovitch et tous les films où Walter Mattau joue un vieux grincheux… Ennemis comme avant d’Herbert Ross ou Bad news bears de Michael Ritchie.
 
Derek Freda : La Barbe à papa reste la référence principale pour Bad Grandpa.

 

Comment se passe l’écriture à plusieurs mains ?
Johnny Knoxville :  Ensemble nous ne pouvons nous concentrer qu’1h30 maximum donc je préfère m’isoler et écrire. Ensuite on se retrouve tous pour en discuter. Nous travaillons beaucoup mieux ainsi. Chaque jour, j’essayais d’anticiper les réactions des gens et parfois cela m’amenait à écrire de nouvelles situations. Le temps du maquillage y a été pour beaucoup.
 
Derek Freda : Sur le tournage du film, vu que son maquillage prenait environ 3 heures et demie, on pouvait travailler sur les scènes du jour et les réécrire si besoin. On a beau anticiper à tort ou à raison les réactions des gens mais au final cela se révèle nécessaire car à la fin nous sommes préparés à toutes éventualités.

 

© Paramount Pictures

© Paramount Pictures

 

Comment expliquez vous le succès du film aux Etats-Unis ?
Johnny Knoxville : Il y a un esprit très particulier entre les cascadeurs de Jackass et ceux qui piègent les gens et on retrouve cela également entre moi et Jackson. Tout ce ressenti positif doit surement contribuer au succès du film.
 
Derek Freda : J’ai des amis qui ont emmené leurs enfants voir le film et qui à un certain moment leur ont caché les yeux. Je pense que la relation du grand-père et du petit fils a élargi le public de Jackass et peut expliquer le grand succès du film.

 

En tant que père de famille, n’avez vous pas peur de faire des cascades dangereuses comme aux débuts de Jackass et de donner le mauvais exemple ?

Johnny Knoxville :  Pour le premier film Jackass, on avait planifié toutes les cascades à haut risque sur la fin du tournage au cas où ça se passerait mal. Là pour Bad Grandpa, on avait prévu de faire la même chose mais la relation entre le grand père et le petit fils marchait tellement bien qu’on a finalement abandonné les séquences de grandes cascades. Sinon j’espère en refaire bientôt.
 
Derek Freda : Il y a beaucoup de rushs ou de scènes qui ont été coupées où d’ailleurs  Catherine Keener et Spike Jonze avaient chacun un rôle (ndlr On voit Catherine Keener grimée en grand-mère pendant le générique de fin).

 

 

Une chance de voir tout ça en Blu-ray / DVD ?
Johnny Knoxville : Un peu à la manière de Jackass 2.5, il y aura une sorte de Bad Grandpa.5 où on pourra retrouver des scènes coupées.

 

© Paramount Pictures

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Que s’est-il passé avec le type sur le parking avec le pingouin renversé ?
Johnny Knoxville : L’assistant réalisateur a dû intervenir car il voyait que plus il s’énervait, plus j’avais envie de continuer. Il nous a séparé. Ce que j’avais prévu à la base, c’était que je renverse le pingouin, un employé du restaurant serait sorti et m’aurait crié dessus pendant 2 à 4 minutes et je serais rentrer avec Billy dans le restaurant. Jamais je n’aurais pensé que quelqu’un du parking aurait eu une telle connexion avec le pingouin (rires). Je suis excité à l’idée que vous puissiez découvrir l’intégralité de cette scène lorsque sortira le Bad Grandpa.5 car c’est juste « l’acteur » parfait.
 
Derek Freda : Je pense que c’est le sketch où on a eu le plus de plaisir parce qu’on a juste la personne parfaite à la caméra. Ce gars n’était pas un employé du restaurant et il est juste arrivé à ce moment là. À la base, ce moment était prévu comme une petite transition et ce type a changé la tournure de la scène.
 
Johnny Knoxville : Pareil pour celle où j’essaye d’envoyer Billy dans un colis; je pensais que ça n’aurait vraiment pas pris et puis au final je me suis dit qu’il fallait quand même essayer. Les deux femmes sont tellement rentrées dans le jeu que je n’en revenais pas. Au bout de 30 minutes, j’ai dû sortir car je ne savais plus quoi dire ou quoi faire car c’était vraiment inattendu.

 

Lorsque vous avez débuté avec Jackass, vous aviez à peine 20 ans, aujourd’hui vous en avez 40, est-ce que vous allez longtemps continuer à faire des cascades ?
Johnny Knoxville : Je pourrai toujours piéger les gens mais ce sont les cascades qui seront le plus dur à faire plus tard. À un moment donné la question se posera mais pas maintenant.

 

Quels sont vos prochains projets ?
Johnny Knoxville : J’ai deux documentaires mais je joue aussi dans des films plus traditionnels (Le Dernier rempart, My Movie project ndlr) mais refaire un film comme Bad Grandpa me plairait bien. Je suis ouvert à toutes suggestions pour un autre personnage.

 

© Paramount Pictures

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Quelqu’un d’obèse ou un catcheur par exemple?
Johnny Knoxville :  Dans Jackass 3D, Spike Jonze jouait une femme obèse mais il a dû souffrir avec le costume car on a tourné à Los Angeles durant une des journées les plus chaudes de l’année. Le costume était déjà chaud et la chaleur n’a pas aidé; Spike se déshydratait assez vite. Pour ce qui est du catch, j’éviterai car je ne suis vraiment pas bon dans ce domaine (rires).

 

Que pensez vous de votre comparaison avec Sacha Baron Cohen ?
Johnny Knoxville : J’adore Sacha Baron Cohen ainsi que ses films Borat, Bruno…. et j’ai hâte de voir son prochain long-métrage.

 

Connaissez vous votre alter ego français Mickael Youn ?
Johnny Knoxville :  Noon mais je vais le chercher sur Internet. (rires)

 

Le film est dédié à Ryan Dunn, que pouvez vous nous dire à propos de lui ?
Johnny Knoxville :  Je pense toujours à lui…c’est un peu difficile pour moi encore aujourd’hui. Dans le film, on voit mon personnage aller à un cimetière pour aller voir sa femme mais en fait, nous étions à 20 minutes de là où est enterré Ryan. Je suis allé le voir et nous avons filmé mais nous avions senti que ça allait réduire l’énergie du film donc nous l’avons écarté au montage. C’était très dur.

 

Remerciements à Marie-Clémentine Vernet et son équipe de Way to Blue ainsi qu’à Johnny Knoxville et Derek Freda.

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