Flavien Bellevue 11 - juillet - 2014 Best of, TV

 

Ce vendredi 11 juillet 2014 marquera le début de la diffusion de la saison 2 de Métal Hurlant sur la chaine France 4. Non content que sa série soit déjà passée aux Etats-Unis, le réalisateur Guillaume Lubrano nous en dit plus sur les coulisses de cette nouvelle saison, accompagné de deux des nombreux acteurs qui figurent au nouveau casting : Frédérique Bel et Kamel Laadaili. Peu habitués au genre, les acteurs relatent leur expérience avec leur metteur en scène dans une ambiance bon enfant.

 

Comment avez-vous abordé la production de cette seconde saison ?

Guillaume Lubrano : Tout d’abord faire cette seconde saison, c’était une manière d’enfoncer un peu le clou pour montrer qu’on peut faire une série de genre SF en France. De nombreux pays ont acheté la première saison et j’avais envie d’avoir plus de diffuseurs et de raconter d’autres histoires dans l’univers de Métal Hurlant. Très vite, on s’est retrouvé à un défi de taille car si la première saison était d’expression originale anglaise, les diffuseurs français nous ont demandé des épisodes en français. Donc pour plus de la moitié de la série, on a fait des prises en anglais et en français. D’ailleurs ça été le cas avec l’épisode où joue Frédérique ; on tournait 5 min 30s sur chaque langue soit 11 minutes utiles sur la journée ce qui est juste délirant. Je crois même que sur le dernier épisode, Retour à la réalité avec Dominique Pinon, on a fait 12 minutes. On n’est donc pas dans une configuration de tournage où on va chercher à chaque prise la plus belle lumière ou une ambiance assez poussée visuellement mais c’était un sacré défi.

 

Frédérique Bel : Ce n’était pas facile car je n’avais jamais fait ça. L’équipe a été extraordinaire, très professionnelle. Ça m’a appris beaucoup de choses et surtout que je suis plus à l’aise en anglais qu’en français. Comme je m’éloigne de ma propre langue, mon personnage en devient plus fatal et donc je peux aller plus loin. J’ai vraiment préféré mes prises en anglais car chez mes partenaires comédiens, il se passait quelque chose de l’ordre du fantasme du comédien qui joue en anglais. C’était vraiment une chance pour moi de faire cet épisode et j’espère pouvoir maintenant approcher des agents américains. J’ai eu un coach tellement pointilleux en post production que je le remercie car quand je m’entends en anglais, je me reconnais à peine.

 

Karim Laadaili: C’était assez étonnant quand même parce qu’on découvrait les décors le matin sans savoir quelle scène jouer exactement et donc t’es là, tu te concentres, prêt à donner tout ce que tu as avec ton meilleur accent. Le problème c’est qu’en face, t’as Scott Adkins qui, lui, est anglophone à la base et il te répond. Là, tu te rends qu’il y a un problème sur l’accent (rires)…mais tu te concentres et tu te focalises sur ton jeu. Il faut l’écouter mais pas trop parce que tu vas être perturbé. Il y a tout un côté SF où c’est là et ce n’est pas là à la fois. Il faut avoir beaucoup d’imagination pour jouer dans ces conditions.

 

© WE Prod

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Il est vrai que c’est compliqué de passer d’une langue à une autre sans erreur d’accent…
G.L 
: L’accent peut être charmant mais le plus problématique, ce sont les accents toniques qui permettent la bonne compréhension de la langue. Cela s’ajoute aux autres problèmes de tournages que l’on connait comme les scènes d’action, les effets spéciaux, les costumes…

 

F.B. : Les scènes érotiques…

 

G.L : Les scènes d’actions oui… (rires). D’autant plus que qu’on change souvent et radicalement d’univers ; que ça se passe dans une histoire médiévale ou dans un space opera, il est arrivé parfois que je commence ma journée, l’équipe technique est en place mais les acteurs sont là depuis 3 ou 4 heures à cause d’imposants maquillages. Il faut pouvoir supporter cela pour les comédiens et d’un autre côté, je découvrais parfois les décors en Belgique, le matin même du tournage à cause du budget. C’était les grandes problématiques qui se présentaient à nous avec sur cette seconde saison. Pour info, l’épisode Seconde chance contient 180 plans à effets spéciaux… c’est compliqué mais c’est ça qui est fun avec Métal Hurlant, ce sont des défis à plusieurs niveaux. Cette année, on a deux space opéra, un western, un film de guerre futuriste, un médiéval fantastique et un thriller d’anticipation avec une pointe de SF à la fin ; ça donne un mix un peu improbable mais c’était déjà l’univers du magazine à l’origine.

 

Quoi de neuf pour cette nouvelle saison de Métal Hurlant ?

G. L. : Il y a beaucoup plus de liens entre les épisodes. Quand je fais cette série, j’essaye de faire en sorte que les épisodes aient lieu dans le même univers. Malgré le fait qu’il y ait des histoires indépendantes au départ, j’ai eu envie de m’amuser, de balancer des petits indices à droite et à gauche ou des éléments plus évidents qui montrent qu’à n’importe quel moment, on peut recroiser un personnage d’un autre épisode. D’autant plus que dans la saison 2, des comédiens de la saison 1 reviennent dans des rôles différents. Pourquoi ? Parce que le principe du Métal Hurlant, c’est un météore qui passe au travers des dimensions de l’espace et du temps donc on peut retrouver des mêmes personnes à d’autres moments différents. Ça permet de raconter de nouvelles histoires et de proposer aux comédiens des rôles complément différents ce qui rend la série assez fun. D’un autre côté, pour le spectateur, ça crée un lien qui rend le passage d’un univers à un autre plus facile à assimiler du fait qu’on retrouve certains acteurs d’autres épisodes. J’essaie donc de développer cet aspect sur la série et qui sait peut-être sur la saison 3…

 

© WE Prod

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Cette approche là te permet donc plus de t’approprier l’univers de la bédé …

G.L. : Ce que j’espérais au départ en faisant la première saison, c’est qu’à terme, on puisse créer de nouvelles histoires et qu’elles puissent être publiées sous forme de bandes-dessinées. J’espère pouvoir faire ça sur les prochaines saisons si c’est possible.

 

K.L. : Il est bien parti parce que mon personnage est encore plus laid dans la bédé que dans la série. (Rires)

 

Frédérique, Kamel,comment êtes-vous arrivés dans la série ?

Frédérique Bel : J’en avais déjà entendu parler avant que la série se fasse car je suis fan de science-fiction. J’étais en contact avec le premier producteur avec lequel Guillaume avait commencé le projet et je me suis dit qu’ils m’appelleraient et en fait non. J’ai découvert la première saison et puis un jour sur Facebook, j’ai reçu un message de Guillaume qui m’a demandé de jouer pour la série.

 

G.L. : Et puis il y avait le fait qu’on s’était croisé au festival de Luchon. On venait de faire les premiers épisodes de la série et on s’était dit s’il y a une nouvelle saison, je la contacterais. Pour le personnage que joue Frédérique, j’avais besoin d’une actrice vénéneuse et quand je l’ai vue avec sa coupe brune, ça collait parfaitement.

 

K.L. : Elle a amorti sa coupe (rires)

 

F.B. : Deux films et une série avec cette couleur quand même !

 

K.L. : Sinon ça été pareil pour moi, j’ai reçu un message par Facebook, par contre, je ne connaissais pas Métal Hurlant. J’ai reçu des liens vers la bédé et la première série et je vois que ça se bat dans l’espace et tout et tout et je me dis que Guillaume s’est trompé et qu’il ne m’a pas envoyé le bon projet. Il me dit que non, c’est bien ce projet et je vois que ça me plaît et que ça n’a rien à voir avec ce qu’on me proposait jusque-là. Je lui dis donc que je viens direct. « Mais les conditions ? » il me dit, je lui ai répondu qu’on verrait ça après. Entre le message Facebook et mon arrivée sur le plateau, tout s’est passé en une semaine.

 

© WE Prod

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Un sacré changement de registre pour vous deux…

F.B. : J’ai toujours joué des personnages normaux entourés de personnages anormaux mais là je joue une immortelle et c’était plutôt sympathique.

 

K.L. : Quand tu es comédien français, ça te fait sortir de ton « emploi » habituel. Mon personnage Xero Throbe n’est pas arabe et pour ça, c’est complètement autre chose pour moi.

 

F.B. : Dans le futur, tu n’es pas arabe…

 

G.L. : Tu es dealer d’organes (rires)

 

K.L .: Oui bon, je tiens un tripot, je me fais péter la gueule et je deviens la victime ; ça change (rires).

 

 

Qu’est-ce que ça vous apporté de jouer dans cette série et dans ces conditions sachant que vous allez être exposé dans plusieurs pays dont les USA ?

F.B. : C’est rassurant de voir qu’on peut faire des choses biens en un minimum de temps car souvent dans des productions plus confortables, on nous dit que c’est à cause du temps qu’on ne peut pas tout faire. Là, on est face à une équipe de passionnés qui va à l’essentiel. Je suis vraiment impressionné du résultat parce que sur d’autres plateaux de tournage où la lumière est moins bien, les techniciens passaient deux heures à faire la lumière.

 

K.L. : Généralement en France, tout est compliqué et très long. Là, c’était très rapide et tu te dis qu’au final c’est possible. Dans cette optique, Guillaume repousse les limites et ce n’est pas qu’une question d’argent. Une production peut avoir deux fois plus de budget et ne pas être capable de fournir la quantité et la qualité qu’il y a sur Métal Hurlant en si peu de temps. En tant que comédien, ce projet m’a ouvert sur l’international donc je coûte plus cher (rires)… sauf pour Guillaume.

 

F. B. : On lui fait des prix !

 

K.L. : Il n’y a pas de soucis, c’est la famille (rires). Effectivement, ça montre que nous sommes capables de le faire et ça nous ouvre peut-être une porte sur les Etats-Unis.

 

©WE Prod

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Justement comment a été perçu la série aux Etats-Unis (dont les deux saisons sont déjà passées sur SyFy ndlr) ?

G.L. : Les gens ont beaucoup aimé les différences d’univers. J’avais un peu peur en me disant qu’en étant français avec un programme français, on va se faire saquer mais en fait non. Le seul problème, c’est que c’est une série anthologique donc il n’y a pas de suite au prochain épisode. Certains ont mis un peu de temps à comprendre ; je pouvais voir ça dans les commentaires sur le forum et puis, au fur et à mesure des épisodes, ils se posaient plus la question « mais qu’est-ce que ça va être la semaine prochaine ? Et comment ça va se terminer ? ». C’est très marrant de voir comment les mecs fantasment sur l’univers de la série où ils vont assez loin, à tel point que je ne sais même pas si les auteurs d’origine des bédés savaient certains détails auxquels ils font références (rires). C’est génial.

 

K.L. : J’ai regardé des vidéos sur leurs forums et le point commun qu’ils avaient, c’était la galère à prononcer le titre de la série (qui reste Métal Hurlant en anglais ndlr). Ça m’a fait bizarre de voir des anglophones avoir du mal avec la prononciation française !

 

F.B. : C’est frustrant parce que je serai bien resté pendant un an sur une production comme celle-là. J’aimerai avoir un personnage qui évolue et qui va vers de fausses pistes ; là c’est court, on n’a qu’un truc à jouer.

 

 

Peut-être un appel pour la saison 3 ?

G.L. : Sur la saison 3, tu auras un épisode futuriste où tu n’auras plus la grande robe mais une grande tenue en cuir…

 

F.B. : Aah ouais ?! On va choisir la tenue parce que je suis très cuir (rires). J’aime bien cet univers et je me vois bien faire ça sur une année où on tue des zombies, des trucs comme ça.

 

G.L. : Des zombies de l’espace… (rires)

 

© WE Prod

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Pour finir, avez-vous d’autres projets ?

G.L. : Nous sommes en train de préparer deux autres séries dont une fantastique – action – fantaisie qui est en plein développement.

 

F.B. : Avec Frédérique Bel dans le rôle principal (rires) mais il ne le sait pas encore. J’ai un don de clairvoyance, Kamel sera là aussi.

 

K.L. : Ben écoute s’il y a des arabes dedans…

 

G.L : Kamel fera le chef de la police…

 

F.B. : Kamel sera mon mari

 

K.L. : Aaah tu sais quoi ? Je me circoncis demain avec grand plaisir (rires)

 

F.B. : C’est nous qui écrivons le scénario et on lui envoie sur Facebook. (rires)

 

 

Le premier épisode de la saison 2 de Métal Hurlant « L’Endomorphe » débutera à 22h40 sur France 4 ce vendredi. À vos postes et tablettes !

 

Remerciements à Guillaume Lubrano, Frédérique Bel, Kamel Laadaili et Justine Veillot.

 

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