Ilan Ferry 1 - avril - 2011 Best of

 

Lundi 28 mars, le Gaumont Marignan accueillait une véritable nuée d’aficionados pour l’avant première de Sucker Punch, nouveau coup de poing filmique de Zack Snyder. Cerise sur le gâteau : le réalisateur est venu à l’issu de la projection pour une Master Class placée sous le signe du fun. Morceaux choisis !

 

La musique tient une place importante dans le film. Vous aviez toutes les chansons en tête durant l’écriture où c’est arrivé après ?

Je trouve que les chansons que nous avons choisies sont assez ironiques : Army of me, White Rabbit, Search & Destroy sont des titres qui me sont rapidement venus en tête. Pour la séquence d’exposition durant laquelle on apprend l’histoire de Babydoll je désirais utiliser une musique de Nine Inch Nails : Misery. Mais cette dernière est très difficile à monter et on ne pouvait pas y toucher. On a donc utilisé Sweet Dreams à la place.

 

 

Vous avez écrit vous même le scénario, diriez vous que c’est votre projet le plus personnel ?

Au début j’ai pensé que ça le serait mais au final quand vous êtes sur un projet que ce soit 300, Watchmen ou même Les Gardiens de Ga’Hoole et que vous décidez que ce sera le film que VOUS voulez faire, il devient une partie de vous même dans laquelle vous vous investissez pendant au moins deux ans. Une fois que l’on sait exactement quel genre de film on veut faire , se posent tout un tas de questions sur la cohérence d’une scène, comment elle sera perçue etc.… on est vraiment dans un double travail quelque soit le film que l’on fait.  Donc je dirais que j’ai ressenti la même chose sur Sucker Punch que sur les autres, ils sont aussi personnels à mes yeux.

 

Emily Browning dans Sucker Punch de Zach Snyder

 

Parlez nous un peu plus du processus d’écriture car c’est un projet que vous aviez en tête depuis longtemps…

Je l’ai écrit avoir d’avoir réalisé mon premier film. Le premier script était complétement dingue et parlait d’un tueur à gages mourant qui se mettait à tuer tout le monde. Parmi ses victimes on retrouve le client d’un club de strip tease dans lequel on voit une jeune fille s’évader dans ses fantasmes lorsque la musique démarre et qu’elle se met à danser. Elle y faisait des trucs pas du tout controversés comme détacher le Christ de sa croix, des choses comme ça (Rires). Mais en fait c’était une mini histoire parallèle à l’intrigue principale puisqu’à la fin le tueur à gages tue le client et la fille s’enfuit. Et puis quelques années plus tard, je relis le scénario et je trouve que cette idée de personnage qui nous embarque dans ses fantasmes quand elle entend une musique était vraiment cool. Dans un deuxième temps j’ai voulu développer cette idée en cherchant quelque chose qui pourrait menacer ce personnage qui était déjà une fille à l’époque. Pour mes recherches je me suis inspiré d’un film je ne sais pas si vous le connaissez ça parle d’un astronaute qui arrive sur une planète habitée par des singes…

 

Quelle version ?

(Silence gêné) il n’y a qu’une version de La Planète des Singes… j’aime beaucoup Burton mais sur ce coup là il a déconné ! Bref, c’est là que je me suis souvenu de cette séquence où Charlton Heston découvre  que son ami Langdon a été victime d’une lobotomie et ça m’a beaucoup marqué. J’ai donc commencé à faire des recherches sur la lobotomie et me suis rendu compte que la menace provenait du fait que ce procédé vous enlève toute individualité.

 

Vanessa Hudgens dans Sucker Punch de Zack Snyder

 

 

Quelle a été l’étape la plus difficile du film ?

Je pense que le plus difficile a été d’obtenir un PG-13(équivalent chez nous de l’interdiction aux moins de 12 ans/ NDR)  auprès de la commission de censure. Il faut savoir qu’enfant j’adorais le magazine Métal Hurlant alors que mes parents m’offraient toujours des comics plus classiques comme Flash mais je m’ennuyais très vite car il n’y avait pas de sexe ni de violence. Je pense que c’est ce qui a fait de moi un adulte un peu déglingué ! J’aurais pu faire un film dans la veine de Métal Hurlant avec des gens qui baisent et s’entretuent mais je me suis dit qu’au final le public n’aurait retenu que ça.  Je me suis donc dit qu’il valait mieux faire une version plus soft. Mais je n’avais pas réalisé à quel point la commission était stricte. Lors de la première projection ils m’ont clairement dit que le film ne serait pas PG-13 et quand j’ai demandé ce qui allait pas ils m’ont répondu « tout » ! Ce qui était injuste puisque Taken, un film dans lequel une fille est kidnappée pour être être changée prostituée droguée tandis que son père tue tout le monde pour la récupérer,  venait d’obtenir la mention PG-13. Quand j’ai su ça je me suis dit « cool, moi aussi je peux faire un film classé PG-13 » mais la commission a reconnu avoir fait une erreur avec Taken. Malheureusement j’ai payé les pots cassés. On a du raccourcir certaines séquences qui se trouveront sur la version longue du DVD et du Blu-Ray et qui contiendra 18 minutes supplémentaires. Il fallait trouver un véritable équilibre. J’ai eu peur que ça nuise au film mais au final je  ne pense  pas que ce soit le cas.

 

 

Vos cinq actrices principales semblent beaucoup s’amuser…

Elles ont été fantastiques, elles ont fait tout ce que je leur demandais… enfin pas tout (Rires). Il y avait vraiment une cohésion entre elles ; À la fin d’une séquence en particulier je pensais qu’elles fonderaient en larmes mais en fait elles étaient galvanisées. J’ai eu beaucoup de chance de les avoir.

 

 

Parlez-nous un peu d’Abbie Cornish qui interprète Sweet Pea…

J’ai une anecdote amusante sur Abby : au cours du tournage d’une séquence se déroulant durant la 1ère Guerre Mondiale, Abby se blesse au visage et commence à saigner, je crie « coupez ! » et elle s’énerve immédiatement… pas parce qu’elle s’est blessé mais parce que j’avais crié coupez ! Elle est comme ça Abby, c’est une fille très hardcore, une vraie dure !

 

Abbie Cornish dans Sucker Punch de Zack Snyder

 

Comment allez-vous aborder Superman ?

Je peux déjà vous dire que le film ne sera pas classé R (interdit aux moins de 17 ans non accompagnés/ NDR) donc il n’y aura ni sexe ni violence ! De tous mes films ce sera celui qui sera le plus ancré dans la réalité, ce qui est assez ironique en soi. Superman n’est clairement pas un personnage hardcore mais je pense qu’à mi chemin lui et moi trouverons un terrain d’entente et parviendrons à nous entraider pour devenir plus… acceptables !

 

Merci à Warner Bros et au Gaumont Marignan

 

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