Ilan Ferry 19 - novembre - 2012 Best of, Dossiers

 

Pour sa deuxième édition le PIFFF a fait grand bruit en s’étalent non plus sur cinq jours mais sur dix avec une programmation riche en avants premières et autres curiosités en provenance de la planète ciné. Et quel meilleur moyen d’ouvrir les hostilités que de proposer l’inédit et très attendu John Dies at the End (cf. notre critique) du grand Don Coscarelli ? Pelloche totalement follement renvoyant aux grandes heures du cinéaste, le film est un bordel sans nom mais tellement réjouissant dans son coté foutraque. Autant dire que le festival commençait bien !

 

 

Jour 1 : Une journée anthologique !

 

Le temps avait beau être maussade en ce samedi 17 novembre, l’ambiance au Gaumont Opéra était plutôt solaire. Il faut dire que voir autant de fidèles réunis en un seul endroit a de quoi réchauffer les cœurs. Premier coup de semonce avec Here Comes The Devil film d’horreur mexicain dont le pitch n’est pas sans rappeler Instinct de Survie avec Kevin Costner ou Les Autres. Pas de quoi séduire le public visiblement peu convaincu par cette ghost story prévisible. L’attendu ABC’s of Death allait-il rattraper le coup ? Pas vraiment. Assez inégale cette anthologie de vingt six ( !) sketchs horrifiques prenant comme points d’ancrage les lettres de l’alphabet, oscille entre l’excellent et le franchement insupportable. D’où l’impression de se retrouver devant une sorte d’exercice de style très scolaire dans son principe et où chaque sketch annule le précédent.

 

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Trop gourmand, ABC’s of Death finit par créer une certaine lassitude malgré des segments très réussis (O pour orgasm des réalisateurs d’Amer par exemple) mais beaucoup trop mineur dans un ensemble pâtissant grandement de sa disparité. Il faut dire que sur l’ensemble des segments présentés, un bon quart se situe en dessous de la ceinture quand ils ne se montrent pas ultra racoleur sur des sujets comme la pédophilie. Le clown lubrique de Stitches n’a pas non plus crée l’unanimité en dépit d’un boogeyman efficace. Une curiosité que nous n’avons malheureusement pas eu l’opportunité de voir. La soirée s’est clôturée en beauté et fut placée sous le signe du revival avec Trailer Wars, hallucinante compilation de bandes annonces ultra barrées et l’étouffant V/H/S, autre film à sketches horrifique qui aura divisée. Le jour suivant s’annonce plus enthousiasmant avec un programme tonitruant où se télescopent l’ultra buzzé Citadel et Dragon Gate de Tsui Hark. On parie combien que ce sera mieux ?

 

 

Jour 2 : Ma cité (interdite) va crack-er !

 

Un petit parfum de fin du monde planait sur Paname en ce dimanche. Non, on ne parle pas des élections de l’UMP mais de l’éclectique programmation du PIFFF. Les choses ont commencées gentiment avec le gentil The Cleaner (rien à voir avec le Renny Harlin), film d’infectés made in Pérou marquant la rencontre entre un homme bourru et une petit garçon alors qu’un virus décime la population. Plus âpre,  le très efficace Quatre moches de velours gris nous renvoi avec délice à une époque où Dario Argento pouvait encore se targuer d’être un grand maitre de l’Horreur via une mise en scène aussi folle qu’inventive. La nuit à peine tombée il fut grand temps de rentrer dans la Citadel de Ciaran Foy. Un poil trop surbuzzé, ce vrai/faux vigilante aux confluents des genres se révèle toutefois bien efficace avec son pitch quasi sécuritaire à base de racailles mutantes martyrisant un jeune père de famille agoraphobe. En dépit de quelques maladresses, l’expérience se révèle plaisante et parvient à distiller une vraie ambiance de terreur qu’on aurait toutefois aimée plus poussée dans ses retranchements.

 

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Le point d’orgue de la soirée fut la projection de Dragon Gate, la légende des sabres volants de Tsui Hark. Un événement d’autant plus important qu’il s’agissait là de la seule projection du film sur grand écran et en 3D puisqu’il sortira directement en vidéo chez Seven Sept dans sa version 2D. Et le moins que l’on puisse dire c’est que la 3D se montre ici utilisé ici à fort bon escient. Si on déplorera un usage parfois trop intempestif au numérique, Dragon Gate reste un wu xia pian tout ce qu’il y a de plus plaisant et généreux, Hark ne se privant de nous gratifier de quelques jolis morceaux de bravoure. On a beau être loin de la folie de Time & Tide, revoir l’ami Tsui reprendre du poil de la bête est galvanisant. Une tendance déjà amorcée dans Detective D et qui trouve ici un agréable prolongement.

 

Merci à Blanche Aurore Duault et Nathalie Iund de Miam ainsi qu’à toute l’équipe du PIFFF

 

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