Ilan Ferry 25 - novembre - 2013 Best of

 

Jour 3 : Nippon ni mauvais
Vendredi 22 novembre, le Japon semble avoir envahi le PIFFF. En effet, trois des quatre films programmés ce jour là venaient du pays du soleil levant avec deux inédits et un classique. Seul film « occidental » de la journée, le singulier Odd Thomas de Stephen Sommers marque le retour du réalisateur de La Momie à des projets plus modestes. Imparfait, le résultat est une curiosité qu’on espère voir débarquer un jour sur le marché vidéo. Inutile de revenir sur le culte Perfect Blue, perle noire d’animation toujours aussi forte. Concentrons nous plutôt sur Real de Kiyoshi Kurosawa et le survolté HK Forbidden Super Heros. Si le premier n’est pas dénué d’intérêt, force est de reconnaître que le style lancinant de Kurosawa aura souvent eu raison de notre rédacteur Alexis Pitallier qui a lutté plus d’une fois contre le sommeil. Beau mais long tel semble être le credo du papa de Kairo qui, a trop adopter la même cadence, semble finir par tourner en rond. A priori rien à voir donc avec le totalement dingue HK Forbidden Super Heros, adaptation d’un manga dans lequel un jeune homme timide se transforme en super heros pervers dès lors qu’il enfile une petite culotte de femme sur sa tête (!). Raconté comme ça, HK Forbidden Super Heros a l’air sacrément allumé et c’est le cas ! Si on rit souvent devant la connerie assumée de ce véritable OFNI dont seuls les japonais ont le secret, force est de reconnaître que la blague tourne court à force de répéter inlassablement le même gimmick. En résumé : c’est drôle mais il manque au film la fantaisie furieuse d’un Takashi Miike ou d’un Sono Sion. Sorti de la salle, la bonne humeur est de mise… jusqu’au mail fatal !

 

 

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Jour 4 : L’étrange coup de gueule des larmes de ton corps

Pour comprendre ce titre sibyllin, il faut remonter dans le temps et remettre les choses dans leurs contextes. Au PIFFF, les festivaliers ont l’opportunité d’acheter leurs places plusieurs jours à l’avance pour être sur d’assister aux séances de leurs choix. Concernant les accrédités presse c’est différent puisqu’ils ne peuvent prendre leurs places que le jour même et seulement deux séances à la fois (en gros, pour assister aux 4 séances de la journée il fallait venir retirer ses places lors de deux créneaux différents). Aussi, pour L’Etrange couleur des larmes de ton corps, la logique aurait voulu que les accrédités presse retirent leurs places le jour même et fassent gentiment la queue. Sauf que voilà : très tôt, les attachées de presse nous ont précisé qu’elles ne savaient pas encore s’il restait des places pour le film mais qu’elle ne manquerait pas de nous tenir informés. Le ton est donné ! Le lendemain soir rebelote et  toujours pas d’informations. Quelques heures plus tard le couperet tombe par mail: plus de places pour le film mais il est toujours possible de faire la queue le lendemain en espérant qu’une place se libère peut-être. Le dit mail étant groupé autant dire que la dernière partie exhortant à faire le pied de grue comme un jour de sortie d’Iphone n’était pas très encourageante. L’affaire aurait pu se terminer là. Sauf qu’à en croire un certain nombre de personnes présentes, la dite séance n’était pas si complète que ça. Ah… Soyons honnêtes : l’objet de ce coup de gueule ne réside pas tant le fait de n’avoir pu assister à la projection (ce sont des choses qui arrivent dans un festival surtout quand le film est ultra attendu !) mais plutôt la politique de « quotas de places » mis ici en place et qui s’est fait au détriment de nombreuses personnes dont l’auteur de ses lignes. Car oui, si la projection apparaissait aux yeux des organisateurs comme complète c’est qu’apparemment un certain nombre de places étaient déjà bloqués. Encore plus rageant quand on apprend que certains collègues auraient eu reçu dans la journée de vendredi (soit bien avant qu’on reçoive le mail de refus) un autre mail leur demandant de confirmer leur présence à la projection. Cela voudrait-il dire qu’il y a eu sélection au sein même des journalistes ? Il paraît plus sage de penser que les attachées de presse ont privilégiés les premiers journalistes leur ayant informé de leur intérêt pour le film. Une sorte de politique du « premier accrédité, premier servi » d’autant plus injuste qu’elle se fait au détriment d’un certain nombre de personnes. N’aurait-il pas été plus simple d’informer tout le monde au même moment via un mail groupé plutôt que de dispenser l’information au compte gouttes quitte à en laisser certains sur le carreau ? Un couac qui dessert quelque peu un festival au demeurant très sympathique et habité d’intentions des plus louables. On le répète : ici ce n’est pas le PIFFF qu’on fustige mais bien la gestion autour d’une projection bien mal organisée coté presse. Voilà maintenant que c’est dit et si on fumait le calumet de la paix ?

 

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Jour 6 : film de clôture & palmarès
 
Après Detention et Silent Hill : Révélation 3D (beurk !) ce fut au tour de Wolf Creek 2 de clôturer le festival. Petite bombe ou soufflet ? les deux mon général si on en croit un public qui aura été très divisé par cette suite du célèbre survival de Gregg McClean. Au vu de certaines circonstances, difficile de dresser un bilan objectif de cette 3eme édition. Si on peut regretter une programmation ramassée force est de reconnaître qu’elle regorge toujours de petites pépites (bien qu’une bonne partie ait déjà fait le tour du festival) et on espère qu’elle pourra l’année prochaine s’étaler sur plus de jours comme cela avait été le cas en 2012.  Vœux pieu pour 2014 : de l’éclectisme encore et toujours !

 

Palmares

LES PRIX DU PUBLIC

 ŒIL D’OR – Long-métrage : Cheap Thrills
 ŒIL D’OR – Court-métrage français : Jiminy
ŒIL D’OR – Court-métrage international : The man who could not dream

PRIX DU JURY DU MEILLEUR COURT-MÉTRAGE FRANÇAIS : Jiminy

PRIX DU JURY CINÉ+ FRISSON – long métrage :  L’étrange couleur des larmes de ton corps
PRIX SPÉCIAL CINÉ+ FRISSON – Court-métrage : Jiminy

 

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