Alexis Pitallier 20 - février - 2017 Best of, Critiques

 

Un film de James Foley.  Avec Jamie Dornan, Dakota Johnson, Kim Basinger.  En salles depuis le 8 février 2017.

 

Deux ans après l’adaptation de Cinquante nuances de Grey, voici la suite des aventures romantico-érotico-sadomaso de Christian Grey et Anastasia Steele. Le résultat est tout aussi mauvais, mais promet quelques bonnes tranches de rigolades.

 

Note : 1,5/5

 
Inutile de revenir sur l’ampleur du phénomène socioculturel provoqué par la trilogie littéraire d’EL James. Revenons plutôt sur son adaptation. Cinquante nuances de Grey a rapporté près de 570 millions de dollars dans le monde rien qu’avec sa sortie en salles pour un budget estimé à 40 millions de dollars et a attiré dans nos salles françaises plus de 4 millions de spectateurs. Cinquante nuances plus sombres semble suivre le même chemin. La bande-annonce détient le record du nombre de visionnages d’un trailer en 24h avec 114 millions de vues, dépassant ainsi Star Wars : Le Réveil de la Force et ses 112 millions. Le film a fait le meilleur démarrage aux box-offices mondial et français. Comment expliquer ces chiffres impressionnants ? Pour les fans de la trilogie littéraire, inutile de se poser la question. Pour les autres, peut-être peut-on parler de curiosité. A la sortie de Cinquante nuances de Grey, beaucoup de spectateurs néophytes ont dû se déplacer dans les salles pour essayer de comprendre le phénomène « Fifty Shades » et n’ont pu que constater la platitude de cette romance sadomasochiste. Mais malgré cela, l’adaptation du 2e tome connaît le même succès. Est-ce pour vérifier si ce 2e opus va aussi loin dans la niaiserie que le premier ? A ce sujet, il va encore plus loin. Les scènes romantiques cul-cul et gnan-gnan sont plus nombreuses et le titre du film est mensonger. Pourquoi Cinquante nuances plus sombres alors que Christian Grey et Anastasia Steele sont heureux après qu’il lui a promis de renoncer à ses penchants sadiques ? Même la double menace qui pèse sur leur couple, une ancienne soumise de Christian et la femme qui l’a initié quand il était ado aux pratiques sadomaso (Kim Basinger), est traitée par-dessus la jambe.
 

Universal Pictures


 

La noirceur qui aurait pu subsister grâce à la personnalité sombre de Christian Grey est inexistante. De beau ténébreux manipulateur, sadique et torturé, il est devenu un amoureux transi qui se comporte comme un « toutou » avec sa bienaimée et en devient ridicule. Des ellipses et des incohérences ponctuent le scénario. Les scènes de sexe, plus nombreuses et un peu plus « hot », sont répétitives et pour beaucoup risibles. La mise en scène de James Foley, à qui on doit notamment Comme un chien enragé, est tout à fait quelconque comme celle de Sam Taylor-Johnson. Peut-on dire alors que Cinquante nuances plus sombres est plus mauvais que son ainé ? Oui et non, car la qualité involontaire du premier opus où l’on riait devant le ridicule de certaines scènes et de certains dialogues est plus présente dans cette suite, car le nombre de scènes ridicules a augmenté. Peut-être doit-on voir les deux films au second degré comme des parodies. Il reste maintenant l’adaptation du 3e tome, Cinquante nuances plus claires. On aura certainement droit également un jour à celle du roman Grey, qui reprend les événements du premier roman de la trilogie du point de vue de Christian. Que peut-on en attendre ? Probablement la même chose que les films déjà sortis, peut-être en pire. En tout cas, on ne sera sûrement pas déçu. Car, comme le disait le présentateur de l’émission d’AlloCiné Escale à Nanarland, « le pire n’est jamais décevant ».
 


Cinquante nuances plus sombres
est à voir uniquement à plusieurs pour rire un bon coup, mais il est fortement recommandé d’avoir la carte UGC ou un équivalent.

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