Julien Munoz 17 - octobre - 2018 Best of, DVD/Blu-ray

 
Un film de John Carpenter. Avec Kurt Russell, Kim Cattrall, Dennis Dun . Disponible en DVD et Blu-ray depuis le 16 octobre 2018 chez L’Atelier d’Images.

 

Film : 5/5

Que dire sur Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin qui n’est pas déjà été dit depuis trente ans ? Souligner son avant-gardisme concernant son hommage sincère et dénué  de cynisme envers le cinéma hongkongais bien avant que Hollywood ne jette son dévolu sur ce dernier dès la fin des années 90 ? Evoquer l’anticonformisme de John Carpenter qui jouissant d’une totale liberté d’action au cœur du système des studios hollywoodiens décide d’aller à l’encontre des modes, et qui, plutôt que de signer un ersatz d’Indiana Jones voulu par les producteurs, invente de toute pièce un archétype de l’anti-héros américain grande gueule et empoté maintes fois copié mais jamais égalé ? Revenir sur l’’échec commercial du film devenu au fil du temps et des exploitations vidéos autant un véritable objet de culte qu’un véritable classique du cinéma d’action/fantastique dont on ne compte plus les inspirations, hommages et autres plagiats ? Tout ça le cinéphile le sait déjà. Alors quoi dire sinon que de répéter, encore et encore, que Les aventures de Jack Burton… est l’un des exemples même du divertissement décomplexé et jouissif dont on aimerait retrouver un peu plus souvent la formule magique en ces temps de blockbusters taylorisés en manque d’inventivité, de folie, de générosité et d’amour pour le cinéma bien fait.
 

Tous droits réservés

 

Blu-Ray : 4/5

 

L’Atelier d’Images


 
 

Image et son : 4/5

 

La précédente édition française signée 20th Century Fox des Aventures de Jack Burton… présentait déjà le film sous d’excellente conditions avec un gain de définition des plus appréciables comparé à une édition dvd acceptable en son temps dirons-nous. Mais on s’égare… Tiré d’un master 2K issu de l’édition anglaise Arrow de 2013, le bond qualitatif avec l’édition de 2011 suscitée ne saute pas immédiatement aux yeux avouons-le. Mais qu’importe, le résultat est toujours là et l’image proposée par L’Atelier des images se situe dans la très bonne moyenne des standards qualitatifs d’aujourd’hui : à savoir une copie HD propre comme un sou neuf qui accentue les qualités visuelles de l’œuvre tout en conservant une patine argentique accusant fièrement ses 30 ans d’âge.  Côté son, même topo avec deux pistes DTS-HD 5.1 (VO et VF) qui ne peuvent certes rivaliser avec le dynamisme et la clarté cristalline d’œuvres actuelles mais s’avèrent amplement précises et fluides pour enchanter nos oreilles et profiter pleinement de la musique de Big John.
 

Tous droits réservés


 
 

Interactivité : 4/5

 
L’Atelier des images ne s’est pas contenté de reprendre le master de l’édition Arrow (évoquée plus haut), il emprunte également les bonus inédits jusqu’ici en hexagone. Outre l’indispensable commentaire audio des amis Carpenter et Russell (très à l’aise et détendu dans cette exercice), quelques scènes coupées dont la fin alternative du film, l’inénarrable clip-vidéo et autres friandises reprises en intégralité ici, l’édition de 2018 se voit  garnie de plusieurs interviews de John Carpenter, Kurt Russell et divers autres collaborateurs du film qui s’expriment sur les spécificités du projet dans le paysage hollywoodien de l’époque, de sa fabrication sans encombre noircie  par la réception glaciale (euphémisme) des producteurs qui mettront au banc le film, lui offrant une promotion et une distribution des plus problématiques ( Russell parle carrément d’une opération de sabotage !), à l’origine de l’échec de cette œuvre culte réhabilitée comme il se doit depuis une vingtaine d’année.
 

Tous droits réservés

 

La bonne vibe : le plaisir toujours intact de visionner un film culte et visionnaire qui ne cesse de bonifier avec le temps

 

La mauvaise vibe : si on possède déjà l’édition anglaise Arrow, cette édition ne présente aucun intérêt… à moins d’être un complétiste acharné ou alors un irréductible fan de l’œuvre de Carpenter

 

Verdict : un passage obligé pour tous les amoureux du cinéma hongkongais, de l’œuvre visionnaire de John Carpenter, du cinéma fantastique en général et des blockbusters débridés qui aiment à nager à contre-courant.

 

Commentaires