Jonathan Deladerriere 14 - janvier - 2015 Best of

 

A l’occasion de la ressortie  aujourd’hui en salles de L’Invasion des profanateurs de sépultures version Don Siegel, Cinevibe vous propose un top 10 forcément subjectif dédié aux remakes. Inutile donc ici de crier au scandale sur l’absence d’Halloween de Rob Zombie, L’Armée des morts de Zack Snyder, Massacre à la tronçonneuse de Marcus Nispel, Sorcerer de William Friedkin, Scarface, Tron, Maniac ou des Sept mercenaires… Le matériau de base étant déjà sacrément respectable, impossible de nier que les départager en tenant compte des décennies qui les séparent semble mission impossible. On aurait encore pu citer La Planète des singes, King Kong, Godzilla ou Django. Si le film originel est une date et/ou trop proche qualitativement de sa vision revisitée, nous avons choisi de ne pas le citer. Top 10 forcément non exhaustif, subjectif et au cœur du débat. Quand le fils enterre le patriarche, c’est parti !

 

 

1/ The Thing: 1982 (John Carpenter)

Avec sa « trilogie de l’apocalypse »: Prince des ténèbres, L’Antre de la folie et The Thing, Big John met tout le monde d’accord en réalisant sans conteste l’un des meilleurs films d’horreur de toute l’histoire. Nouvelle adaptation de La Bête d’un autre monde (J W Campbell), l’histoire sera déjà portée à l’écran en 51 par Nyby et Hawks (non crédité). Chef d’œuvre psychologique organique et étouffant, ce huis-clos inoubliable vaut autant pour ses effets spéciaux « à l’ancienne » (quel monstre !) que pour la drem team se trouvant à chaque étape. Morricone et Carpenter au score, Kurt Russell inoubliable en MacReady, Bottin au SFX (Hurlements)… Le top du top, tout simplement !

 

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2/ La Colline a des yeux: 2006 (Alexandre Aja)
En 1978, Wes Craven sort un troisième long métrage éponyme et au charme surestimé, exception faite de la partition de Michael Berryman. En 2006, l’équipe Aja-Levasseur décide de dépoussiérer le mythe. Et le moins que l’on puisse dire c’est que le duo atomise littéralement son ainé. Mise en scène, ambiance âpre et tendue ou la sublime Vinessa Shaw que l’on désire dès la première seconde, Aja surpasse son modèle. Il prouve aussi, une fois n’est pas coutume, que le respect ou la révérence ad vitam aeternam n’est ni une idée définitive, ni une efficace vision de l’art. Moite, violent et sans pitié, le français décroche la mâchoire et à coups de tartes dans la tronche fissure nos certitudes.

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3/ Les nerfs à vif : 1991 (Martin Scorsese)
Ce sera peut-être là la seule exception de ce top : la version de 1961 avec le superbe duo Gregory Peck/Robert Mitchum (excusez du peu) de Jack Lee Thompson valant elle aussi son pesant de cacahuètes. Mais Scorsese n’est pas le premier tocard venu. Seconds rôles en forme de clins d’œil, score d’Hermann adapté par son disciple Bernstein ou le trio Nick Nolte/Robert De Niro/Jessica Lange à l’apogée, le film devient instantanément une bombe. La tension ressentie à la vision de ce jeu du tigre et de la souris demeure d’ailleurs aujourd’hui encore toujours aussi intacte. Scorsese était attendu au tournant. Tout le monde est forcé de s’incliner.

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4/ La Mouche : 1986 (David Cronenberg)

 Remake du film La Mouche noire sorti en 1958 et réalisé par Kurt Neumann (Island of lost men), le film de Cronenberg enterre sans coups férir la version des 60’s. Oublié l’énorme tête de mouche sur un corps d’humain, le réalisateur hurle ici toute sa rage et ses obsessions de cinéaste. Chair putréfiée et entremêlée, érotisme dérangeant, effets spéciaux vomitifs et interprétation parfaite, le film réussit à nous faire croire à cette histoire de téléportation ratée et à nous émouvoir de cette créature condamnée d’avance. Un sacré bon film fantastique.

 

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5/ True Grit : 2010 (Joel & Ethan Coen)
Pas forcément gagné d’avance pour les surdoués frangins que de faire oublier Cent dollars pour un shérif d’Henry Hathaway sorti en 1969 avec le légendaire John Wayne. Irrévérencieux, désinvolte, émouvant ou captivant, le film est une ode à la beauté des paysages secs et ocres du grand ouest. Tel un Open Range en pleine adolescence, True Grit ne souffre d’aucuns défauts. Même Matt Damon parvient à surpasser sa mono-expressivité légendaire! Magnifié par la plastique de Roger Deadkins et la partition inoubliable de Carter Burwell, Bridges trouve enfin le plus beau rôle de sa carrière. Ni plus, ni moins.

 

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6/ Casino Royale: 2006 (Martin Campbell)
Casse-têtes datant de 1954 (avec Peter Lorre) et 1967 (avec David Niven, Orson Welles ou Peter Sellers !), les deux précédents Casino Royale semblent, pour de sombres histoires de droits, ne pas faire partie de la franchise. La vision de 007 version Martin Campbell fait elle, à n’en point douter, table rase du passé. Dans ce qui est sans nul doute l’un des plus efficaces films de la franchise (et vu depuis un bail), Casino Royale est le vingt et unième épisode des aventures de l’agent Bond. Haletant, désespéré, et magnifié par un Craig en grande forme : du très, très bon boulot.

 

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7/ Piranha 3D : 2010 (Alexandre Aja)
Aja est de retour ! Nouvelle mouture sortie en 2010 suite à la sympathique version de 78 réalisée par Joe Dante, ce Piranha 3D mis en scène par le réalisateur d’Haute Tension pulvérise instantanément l’original. Plus de gore, plus de fun, plus de références, plus de nichons, plus de morts… Du très bon divertissement sublimé il est vrai par une actrice qui n’est sans doute qu’une chimère. Ah Kelly Brook…

 

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8/La Guerre des mondes : 2005 (Steven Spielberg)
Adaptation fantasmée version Spielby du film éponyme de 53 et adaptation du roman culte d’H G Welles, le légendaire réalisateur adore enfoncer les portes ouvertes, on le sait. 0 polémiques, 0 surprises. Mais putain qu’est ce que c’est cool ! Des effets spéciaux dévastateurs, Tom Cruise en working class hero invincible (« monte dans la voiture Manny sinon tu vas mourir ! »), des saletés de bestioles sans aucun points faibles et forcément une mise en scène parfaite (la scène de la cave…). Bref une nouvelle leçon du maitre. Point.

 

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9/ Zatoichi : 2003 (Takeshi Kitano)
Série de films japonais (une trentaine) et séries tv des années 70 et 80 (une centaine d’épisodes), impossible ici de comparer le travail de Kitano avec un film en particulier. Plastiquement à couper le souffle, le metteur en scène de Sonatine ou Aniki mon frère fascine plus que jamais. Véritable ballet chorégraphié aux sonorités subtiles et sensuelles, le film effleure la grâce de son sabre et murmure sa vengeance destructrice aux fous n’étant pas encore hypnotisés. Une poésie ensanglantée vertigineuse.

 

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10/ L’Invasion des Profanateurs de Sépultures : 1978 (Philip Kaufman)
Énième adaptation cette fois directement inspirée du film de Don Siegel tourné en 1956, cette version avec Leonard Nimoy et le grand Donald Sutherland (Ne vous retournez pas de Nicolas Roeg bientôt en DVD hez Potemkine !) est tout simplement la plus intense et la plus aboutie. Body Snatchers de Ferrara en 93(respectable), Invasion d’Hirschbiegel en 2007 (pas respectable)… Aucune de ces nouvelles versions ne parviendront à surpasser la mise en scène de Kaufman, ce doute désagréable ou ce malaise évident. Courez pauvres fous !

 

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