Arnaud Mangin 9 - décembre - 2014 Best of

 

Pour ce second numéro de Vibeoclub, Arnaud Mangin a décidé de faire parler le redneck qui est en lui en vous parlant du très fun Tremors dans lequel un Kevin Bacon pas encore perverti par Pauyl Verhoeven (Hollow Man) ou James Wan (Death Sentence) s’en allait chasser un ver de terre un peu spécial. Enfilez vos boots cowboys cinéphages , ce rodéo là s’annonce mouvementé !

 

 

« Venez voir, j’ai trouvé son trou du cul ! »

Tremors est un film qui a beaucoup de qualités, dont deux essentielles : La première c’est qu’il constitue la preuve que Kevin Bacon ne s’est pas illustré chez les geeks qu’à travers Vendredi 13 et Footlose. La seconde, c’est qu’il s’agit d’une version beaucoup plus fun et fréquentable de Dune (« Oh, le salaud, il ose! ») puisqu’il y a ici du ver de sable en taille maxi. A cela s’accouple un intriguant visuel sur la VHS qui montre une espèce de grosse mâchoire – on dirait surtout un zboub avec des dents – qui s’apprête à attaquer Kevin à travers le sol. Chose renvoyant un peu à l’affiche des Dents de la mer. Bon on se rendra compte pendant le visionnage qu’il y a eu un peu tricherie sur la marchandise puisque les grosses créatures du film ne disposent pas de dents et que celles qui en possèdent ne collent pas non plus aux proportions. Bon, en même temps, les VHS dont les visuels collent réellement à ce qu’on trouve dedans en terme de charisme ne sont pas légion… Certes le film ne tient pas ses promesses dentaires mais il s’avère, en revanche, d’une générosité assez surprenante. Gros-petit film bis – produit par la Universal pour 10 millions de billets, quand même – Tremors ne s’éloignera jamais vraiment de son concept de film de monstre s’en prenant à une mince poignée de péquins, mais fait les choses à une échelle jamais honteuse, s’en tenant systématiquement à proposer ce qu’il a réellement promis (excepté les dents, on sait)… Donc vous venez voir du gloumoute et y’en a. Plein, souvent, et en plus bien visibles (le film se déroule majoritairement en plein jour). Donc Tremors ça raconte l’histoire d’un bled minuscule paumé en plein désert et composé de moins de 10 baraques mais humblement baptisée Perfection. Une perfection telle qu’un gros pourcentage de sa population (deux mecs, en fait) décide de la quitter pour voir si l’herbe est plus verte ailleurs. Les possibilités d’évolution professionnelles y étant limitées, au même titre que d’y trouver des nanas sympas. Et c’est justement le jour où Kevin Bacon et Fred Ward s’arrachent que des événements un peu tordus se produisent. Comme un type qui crève de déshydratation suspendu au sommet d’un poteau électrique… Le genre de truc qui pourrit un brin l’ambiance et encourage les gaillards à revenir sur leurs pas pour prévenir les anciens voisins qu’une galère de compétition fonce droit sur eux. En occurrence, donc, les fameux monstres sous-terrains gros comme des autocars, armés de becs bien acérés et de tentacules grignoteuses – mais toujours pas de grandes dents. Si le film sortait aujourd’hui, on les aurait appelé les sans-dents, mais ici ce sont des Graboïdes. Et les Graboïdes, en plus d’être gros et moches, ils se déplacent à toute berzingue sous le sable et chopent le premier pelé qui a le malheur de se promener juste au dessus ou défoncent même carrément les maisons de fortunes qui les encombrent. Donc, si chez Spielberg on a des chances de s’en tirer en évitant d’aller se baigner, chez Tremors les personnages l’ont dans le baba puisqu’ils n’ont carrément même plus le droit de marcher où bon leur semble !

 

© Tous droits réservés

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C’est le concept un peu bêta du film qui en fait donc sa force puisque son réalisateur Ron Underwood l’exploite à fond et avec humour en plus. Arborant finalement un ton plus léger que flippant, le film pousse tous les procédés de survie les plus improbables (ça court de tous les cotés pour pas se faire repérer, ça reste planqué des heures entières sur des rochers) ou les plus bourrins puisque, rednecks oblige, tout le monde y est armé à outrance et compte profiter de l’occasion pour faire parler la poudre. Ambiance plutôt funky, donc, et qui doit sa réussite au troisième élément fort du film : un Michael Gross (débarqué d’une sitcom du genre Club Do’) en membre de la NRA complètement siphonné qui y va à coups de dynamite et grenades en tous genres… Difficile de ne pas s’amuser ! Notons par ailleurs que Tremors fait l’objet de trois suites sortis directement en vidéo mais qui (au moins pour le 2 et le 3) restent somme toute nobles et laissent Michael Gross maître de cérémonie là où les autres acteurs auront quitté le navire. Pour faire court, en plus des Graboïdes, dans le second opus (sous-titré Les Dents de la terre… sans blague!) il y a une variante qui arrive à sortir de terre et à se promener à la surface. Dans le troisième, il y en a avec des ailes. Le quatrième film, conçu comme un prologue se déroule à l’époque du far-west mais perd radicalement tout ce qui épiçait les épisodes précédents. A zapper, donc. Depuis la cassette vidéo, le parcours de Tremors lui a permis d’être disponible à toutes les sauces. Si on veut rester dans le coup, le film et ses suites sont disponibles en Blu-Ray chez Universal, dont un disque très correct pour le premier. Long making of et piste HD incluse. Pour les collectionneurs, un coffret DVD était sorti il y a une petite douzaine d’années regroupant les quatre films dans un coffret qui lui même prenait place dans une reproduction (en plastique, certes) de la fameuse mâchoire pleine de dents qui ne sont pas dans le film. Le genre d’objet sympa sur une étagère…

 

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