Arnaud Mangin 17 - mars - 2015 Best of, Dossiers

 

Navré les amis, mais dans cette cession de Vidéoclub, il n’y aura ni gloumouttes cannibales, ni gerbes de sang envahissant l’écran, ni de sadiques extra-terrestres violeurs d’enfants tétraplégiques. Néanmoins, Une créature de rêve (Weird Science en VO) demeure encore aujourd’hui comme l’un des titres phares de la teen comedy envahissant les linéaires VHS, ne serait que pour sa multi-particularité et le semblant de promesses qu’il voulait tenir. Accessoirement, c’est aussi le film qui a inspiré la sitcom Code Lisa que vous regardiez peut-être quelques années plus tard dans Giga, sur Antenne 2, et dont la chanson portant le même titre interprété par Oingo Boingo est finalement plus connue que le reste. Elle a même servi pour la publicité du dernier Sim’s, si c’est pas un gage de qualité, ça…Pour briller en société (comme d’hab, grâce à nous), vous pourrez toujours dire que c’est l’un des premiers films de Robert Downey Jr.qui, entre ça et A fond la fac sorti au même moment, était mauvais comme un cochon dans le rôle de l’emmerdeur de service en milieu étudiant, et ainsi faire croire au reste du monde que le cinéma vous intéressait avant Iron Man… La présence de Robert (appelons-le Robert) n’est d’ailleurs qu’une partie du chapelet assez étonnant que constitue le casting plus-hétéroclite-tu-meurs du film. Notamment à travers l’un des héros principaux, campé par Anthony Michael Hall, qui aura ensuite tenu sur ses épaules la série Dead Zone. Ici, il est Gary. Lui et son pote Wyatt passent leur temps à se monter la tête parce qu’en bonne têtes de turcs du bahut, tout le monde les tourne en dérision et ils n’arrivent naturellement pas à conclure avec qui que ce soit. Alors, là où n’importe qui de censé aurait fait appel aux service d’une professionnelle, les compères préfèrent se fabriquer une petite amie de toute pièce, qui répondra sans discuter à leur moindre désirs. C’est en utilisant un ordinateur performant comme seuls ceux des années 80 l’étaient, quelques photos de playmates et des éclairs, qu’ils parviennent ainsi à donner vie à Lisa : La créature de rêve du titre français, qui prend ici l’apparence de Kelly Lebrock. – une nana taillée pour le rôle à l’époque et qui, malheureusement, ressemble aujourd’hui au troisième frère Bogdanov…

 

© Universal pictures

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Créature qu’on pourra situer à la croisée des chemins entre le génie de la lampe, le monstre de Frankenstein et Traci Lords. Car en plus de provoquer un effet immédiat chez n’importe quel pubère normalement constitué, elle dispose de pouvoirs magiques lui permettant d’interagir sur à peu près tout ce qui l’entoure. Gary et Wyatt n’y voient désormais plus seulement le vide-burnes sur lequel ils avaient fantasmé (faut appeler les choses par leur nom) mais également et surtout l’outil qui leur permettra de dépasser le statut de ringards qui les poursuit depuis leur enfance : faux papiers, fringues classes, voiture, alcool, potiche pour se montrer en public, etc… Et ouais, John Hugues oblige, il y a derrière toute cette sympathique grivoiserie une analogie de l’adolescence étrangement pertinente (carrément touchante sur sa dernière partie, même) mettant en exergue le culte du superficiel à une période de la vie où l’on doit se chercher. En gros, Gary et Wyatt ont créé Lisa pour qu’elle fasse d’eux des hommes et à la fin du film, ils le deviennent sous un certain aspect…. Alors, non, désolé, il n’y a pas de cul, dedans. Tout du moins on suppute que ça flirtouille entre ados et jeune femme plus « mure », et c’est déjà bien assez chaud comme ça (les gars ayant échoué au casting ont dû le regretter en regardant le film). En revanche, on appréciera quand même l’espèce d’ambiance fourre-tout où, en plus d’un Robert Downey Jr. bien relou, on assistera à la métamorphose de Bill Baxton (bien relou aussi) en un monstre difforme, ou l’arrivée inopinée de Michael BerryMan et Vernon Wells (Commando) qui reprennent respectivement leurs rôles de La Dernière maison sur la gauche et Mad Max en motards néo-futuristes pour pourrir une fête ! C’est gratuit, c’est cadeau ! Ça n’élèvera jamais Une créature de rêve au rang de titre incontournable parce que globalement, ça se prend quelques coups dans les dents en plus de laisser sur le côté tous ceux n’entrant pas dans le délire. Mais il peut timidement agiter son modeste drapeau de teen SF représentatif d’une époque.

 

© tous droits réservés

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Avant d’être un plateau pour le blockbusters en vogue, Dvd et Blu-Ray sont avant tout un bel outil de stockage pour cinéphiles. Y compris ceux qui passaient leur vie en salles dans les années 80. Une créature de rêve en fait partie, bien que de manière assez discrète. Disponible sur tous les support, on conseillera aux curieux de s’orienter vers le Blu-Ray américain qui propose déjà tout ce que l’on trouve sur disque français (VF 5,1, VO DTS HD, image propre comme un sou neuf), mais se targue en plus d’un making of rétrospectif inédit chez nous.
 
 

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