Ilan Ferry 14 - avril - 2020 Jeux Vidéos

 
L’enfer est pavé de bonnes intentions et celles affichées par Bethesda avec Doom Eternal font clairement office de profession de foi pour gamers masos en mal de sensations fortes. Amateurs de douceurs, passez votre chemin !
 

Note : 4/5

 
L’enfer, c’est les autres !
En 2016, l’éditeur avait frappé très fort avec Doom, reboot hardcore et ultra-gore du célèbre FPS horrifique éponyme dans lequel massacrait dans la joie et la bonne humeur une flopée de monstres tous plus laids les uns que les autres au rythme d’une bande son infernale. Clairement pas destiné aux fans d’Animal Crossing, Doom entendait secouer le petit monde du FPS entre deux éditions de Call of Duty et Battlefield. Pari réussi pour l’éditeur qui avait donné un coup de polish salutaire et intelligent à une saga alors oubliée. Quatre ans plus tard, Bethesda revient toquer à la porte des Enfers avec pour mission de nous offrir une suite explosant littéralement tous les records. Monstres, violence, gore, mise à morts, tout est revu à la hausse pour le plus grand plaisir des amateurs de boucherie !
 

Bethesda

 
On prend (presque) les mêmes et on recommence
Sans surprises, Doom Eternal reprend les ingrédients qui ont fait le succès de son aîné : des monstres répugnants, des exactions gore à foison, de l’hyper violence à outrance le tout dans une ambiance baroque à souhait où les tripes volent dans des effusions de sang à faire passer Braindead pour un épisode des Teletubbies. Cette fois le Doom Slayer (dont on voit une partie du visage buriné) quitte Mars et s’improvise tour operator des Enfers en allant défourailler des démons un peu partout dans l’univers tout en explorant ses origines. L’occasion de découvrir un univers sublimé par une direction artistique sublime d’une belle richesse. Testé sur PS4 Pro, l’univers de Doom Eternal en met plein les yeux et se révèle encore plus beau sur PC avec la carte graphique adéquat. Toujours aussi brutal, véritable exutoire, Doom Eternal tout comme son aîné parvient à flatter nos plus bas instincts de la plus « belle » des manières notamment à travers des glory kills toujours plus fous et violents, d’autant plus « gratifiants » qu’ils vous récompenseront. Il vous sera ainsi possible de glaner de la vie, des munitions et autres joyeusetés au fur et à mesure des glory kills que vous exécuterez ou d’obtenir des points d’armure en carbonisant vos ennemis. Traduction : plus vous serez violents, plus vous serez récompensés ! Elle n’est pas belle la vie ? Les gamers s’étant déjà usé les pouces sur Doom 2016 retrouveront très aisément leurs repères qu’ils devront très rapidement acquérir s’ils veulent survivre dans l’univers impitoyable de Doom. Et si Doom Eternal apparaît à la fois si nouveau et si familier c’est qu’il a parfaitement su digérer les leçons de son grand frère optimisant ses qualités pour mieux effacer ses défauts.  Ainsi, cette suite propose ni plus ni moins (surtout plus) d’upgrader tout ce qui faisait la saveur du premier opus en le gratifiant d’une surcouche sadique à faire pâlir d’envie l’amicale des admirateurs du Marquis de Sade.
 

Bethesda


 

Monstres & Cie
Entre autres qualités, Doom version 2016 pouvait s’appuyer sur un bestiaire monstrueusement riche composé de bestioles toutes plus moches les unes que les autres quelque part entre la série Z la plus immonde et les plus belles créations de H.R. Giger. La saga matricielle n’était déjà pas avide en horribles bébêtes, son reboot les « pimpe » façon visions cauchemardesques que n’auraient pas renié un certain H.P. Lovecraft. Loin de déroger à la règle, Doom Eternal nous offre une galerie de monstres reprenant en grande partie celle de son prédécesseur avec en sus quelques nouveaux venus particulièrement répugnants et répondant aux doux noms d’Arachnotron, Doom Hunter, Marauder, Mancubus ou encore Pain Elemental (Douleur Élémentaire), sorte de saloperie volante dont l’œil unique ferait loucher Sauron un soir de confinement ! Mais là où les bestioles de Doom se révélaient relativement faciles à tuer, celles de Doom Eternal se révèlent autrement plus hargneuses que ce soit sous leurs formes « élémentaires » ou plus « évoluées ». Car oui si un monstre vous donne du fil à retordre, attendez-vous à en baver avec sa version « upgradée ». En effet, les petits malins de Bethesda ayant bien compris qu’une suite au rabais était hors de question ont décidé de pousser les potards au maximum en augmentant le niveau de difficulté de plusieurs crans !

Bethesda


 

Fais-moi mal !

En mettant la vitesse au cœur de sa mécanique de jeu, Doom Eternal s’impose d’emblée comme un nouveau mètre-étalon du Fast FPS. Comprendre par là qu’il se repose sur une tactique simple : être en perpétuel mouvement sous peine de mourir vite et dans d’atroces souffrances ! Les monstres de Doom Eternal ne sont pas seulement hargneux : certains peuvent se révéler particulièrement rapides et donc d’autant plus dangereux. Là où des démons comme le Hell Knight ou le Mancubus misent avant tout sur leur force brute au détriment de leur vitesse (ce qui ne les rend pas moins dangereux bien au contraire !), d’autres comme Whiplash ou Marauder vont au contraire s’appuyer sur leur incroyable vitesse pour tenter de vous nuire. D’où la nécessité d’être constamment en mouvement et de ne pas se laisser déborder par la horde d’ennemis qui pourrait vous tomber dessus. Mené à un train d’enfer (c’est le cas de le dire), Doom Eternal risque bien de jouer avec vos nerfs avec sa galerie d’ennemis tous plus vicieux les uns que les autres et son haut niveau de difficulté plus circonstanciel que graduel le rend par moments particulièrement ardu… en mode normal ! A tel point que par moment, la tentation de passer du mode « Fais-moi mal » (normal) à Bleusaille (facile) a parfois été grande et nous n’avons pas honte de dire qu’à de rares moments après une trentaine d’échecs nous y avons lâchement succombé. Loin d’être une promenade de santé, Doom Eternal peut s’enorgueillir d’être le Dark Souls du Fast FPS faisant du die & retry son credo au point d’avoir parfois envie de balancer sa manette. Oui, Doom Eternal s’adresse avant tout aux gamers masos, ceux qui n’ont pas peur de recommencer vingt fois pour venir à bout d’une horde de mochetés sur pattes et ce afin d’acquérir toujours plus de skill dans les phases de shoot. Doom Eternal mettra vos réflexes et vos nerfs à rude épreuve mais la récompense est grande. Rarement FPS aura pris autant à bras le corps la notion de gigantisme, baladant le joueur au rythme de l’infernal périple du Slayer confronté à des monstres toujours plus vicieux et face auxquels il devra se montrer toujours plus violent. Si Doom Eternal ne révolutionne pas le genre, il le fait atteindre d’autres cimes, le pervertit pour lui donner un gout de souffre et de sang étonnant.
 

Bethesda


 

Toujours aussi brutal et violent, Doom Eternal reprend tous les ingrédients de son glorieux ainé pour mieux les maximaliser. Du divertissement bourrin, cradingue en mode XXL. L’enfer n’a jamais été aussi beau !

 

Graphismes : 4,5/5
Scénario : 2,5/5
Gameplay : 4/5

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