Ilan Ferry 25 - décembre - 2014 Best of, Jeux Vidéos

 

Si cette ordure de Père Noel ne vous a pas encore offert de cadeau, Far Cry 4 pourrait faire office de sympathique lot de consolation… à condition d’être fan de la licence.

 

Note : 3,5/5

 

 

© Ubisoft

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Entre le superbe Destiny, l’excellent Call of Duty : Advanced Warfare ou encore le rigolo Wolfenstein : The New Order (pour ne citer qu’eux) on pourra dire que 2014 aura été l’année du FPS sur next gen. Histoire d’en rajouter une couché et de clore l’année en beauté, Ubisoft a pour sa part décidé d’apporter sa pierre à l’édifice avec le bien nommé Far Cry 4. Et pour fêter dignement l’évènement l’éditeur nous embarque cette fois sur les hauteurs de l’Himalaya où un américain déraciné doit se rendre pour disperser les cendres de sa mère. Seulement voilà : notre expatrié est loin de se douter une seule seconde qu’il va se retrouver au cœur d’une sanglante guerre civile opposant les rebelles du Sentier d’Or au tyrannique Pagan Min. Très vite, le jeune homme va découvrir qu’il a un rôle central à jouer dans cette guerre sanglante. Voilà pour le contexte, qui à l’image de ses prédécesseurs, fait dans le basique… et c’est tant mieux.

 

© Ubisoft

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Comme ce fut le cas sur Far Cry 3, cet opus mise principalement sur deux éléments non négligeables : son environnement et son bad guy. Et en termes d’environnement, force est de constater que Far Cry 4 se pose là. Le Kyrat (émule géographique et fictive de l’Inde ) que l’éditeur nous propose se déroule devant nos yeux dans toute sa beauté. Des montagnes vertigineuses aux herbes verdoyantes en passant par un ciel immaculé, c’est au sein d’une véritable carte postale aussi immense que somptueuse que le jeu nous propose d’évoluer rendant la ballade d’autant plus agréable. A l’image du récent Assassin’s Creed Unity, Far Cry 4 joue la carte de l’immersion totale en nous plongeant dans un environnement criant de vérité. C’est ici d’autant plus vrai que le jeu s’appuie notamment sur un bestiaire bluffant. Une modélisation aux petits oignons qui ne souffre d’aucun bug majeur et qui fait aussi des merveilles sur des personnages fort bien caractérisés. C’est bien simple : en dehors de Call of Duty : Advanced Warfare (qui en l’état reste LA référence actuelle du genre) on aura rarement vu protagonistes aussi expressifs dans un FPS. D’autant plus agréable que l’ensemble reste d’une belle fluidité jusque dans les interactions avec les personnages ou les objets. Beau, vaste et d’une fidélité bluffante, l’environnement choisi ici et peut-être bien le plus beau de la saga. En un mot comme en cent : Far Cry 4 est une petite fessée visuelle, qui devrait flatter vos yeux plus d’une fois. Qui dit nouvel environnement dit nouvelle mythologie et si cette dernière n’innove pas vraiment (le joueur incarne une fois de plus le seul rempart contre un tyran dans une région éloignée) force est de reconnaître qu’ici elle demeure très appropriée.

 

© Ubisoft

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Hormis quelques nouveautés plutôt sympathiques comme la possibilité de jeter des appâts sur vos ennemis pour qu’ils se fassent attaquer par la faune locale, Far Cry 4 reprend à peu de choses près le même gameplay que ses prédécesseurs. Les aficionados seront donc en territoire connu tandis que les novices prendront certainement un peu de temps avant de s’ y habituer. Rien de bien contraignant cela dit, la prise en main reste plus ou moins aisée si l’on occulte les phases de conduite pas toujours bien pensées et une visée automatique parfois aléatoire. Aléatoire, le niveau de difficulté l’est aussi avec une I.A. oscillant entre l’inexistant et le franchement fourbe. A l’image d’autres éminents titres d’Ubisoft, Far Cry 4 mise essentiellement sur l’infiltration. Discrétion et précision seront donc vos atouts pour venir à bout d’ennemis qui n’hésiteront pas à vous tomber dessus en masse s’ils vous repèrent. Pas toujours aisé d’être discret au bord d’un gouffre ou lorsque la minuterie tourne à plein régime. Il faudra donc pour cela faire sien le credo du jeu : s’adapter ou mourir et utiliser ses munitions avec parcimonie d’autant que vous serez constamment sollicité. A vous donc de choisir vos combats. Et c’est peut-être bien là que le bat blesse réellement. Si l’environnement de Far Cry 4 est d’une beauté renversante, il est aussi son plus gros écueil.

 

© Ubisoft

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Comprendre par là qu’il est aisé de s’y perdre tant il est vaste et qu’aller d’un point A à un point B risque de prendre un sacré temps si vous n’avez aucun moyen de locomotion. Qu’importe me direz vous, rien de telle qu’une bonne ballade pour se ressourcer mais voilà : le jeu ne prend jamais le temps de la contemplation et les soldats de Pagan Min ne vous laisseront pas faire du tourisme impunément. Il vous faudra donc être patient et véhiculé si vous désirez terminer comme il se doit les quêtes principales. Qu’à cela ne tienne, hormis ces quelques couacs, le jeu reste un plaisir à jouer grâce aux petites nouveautés qu’ils proposent, son background très fouillé et bien entendu son bad guy aussi charismatique que dangereux. Et en l’occurrence force est de constater que Pagan Min se pose là. Avec son look improbable et ses punchlines bien senties, ce méchant pas comme les autres cultive allégrement l’ambiguïté au point d’éclipser son prédécesseur le pourtant génial Vaas. S’il ne révolutionne ni le genre ni la licence qu’il utilise, Far Cry 4 se distingue toutefois par son ambiance mêlant habilement réalisme et ésotérisme (les phases de jeu à Shangri La sont tout simplement magnifiques) le tout renforcé par la superbe BO de Cliff Martinez (Drive). Si les précédents Far Cry ne vous ont pas emballés, ce dernier opus ne devrait pas forcément vous convaincre si ce n’est peut-être par sa coolitude parfaitement assumée. Et puis qui n’a jamais rêvé de dessouder des ennemis à dos d’éléphants ?

 

 

La bonne vibe : un environnement d’une beauté époustouflante et des nouveautés sympathiques.

 

La mauvaise vibe : un gameplay très répétitif couplé à une IA mal dosée.

 

On ne change pas une formule qui gagne : si Far Cry 4 a les mêmes qualités et défauts que ses prédécesseurs il s’appuie sur une mythologie autrement plus intéressante.

 

Graphismes : 4/5
Jouabilité : 3,5/5
Durée de vie : 3,5/5

 

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